Un vaccin contre le moustique tigre est-il envisageable ?

vaccin moustique tigre

Si les pesticides et autres moyens de lutte contre le moustique tigre n’arrivent pas à en venir à bout, peut-être faut-il envisager le problème autrement ?

Pourquoi ne pas travailler sur un « vaccin antimoustique », c’est-à-dire un vaccin contre l’allergie aux piqûres de moustique ou contre les maladies transmises par le moustique ?

Plusieurs solutions sont actuellement à l’étude.




Un “vaccin antimoustique” ?

Même si cela serait la solution idéale, un “vaccin antimoustique”, c’est-à-dire un vaccin qui dissuaderait les moustiques de nous piquer, ne peut pas exister. C’est une chimère pour plusieurs raisons.

D’abord parce qu’il existe près de 4000 espèces de moustiques (sans compter les phlébotomes et autres insectes piqueurs ou hématophages), et qu’il faudrait 4000 vaccins différents.

Ensuite parce que ce n’est pas le moustique en soi qui pose problème, mais les pathogènes qu’il transmet. Et ceux-ci sont multiples : Dengue, Paludisme, Chikungunya, Zika… C’est donc plutôt sur ces pathogènes individuellement qu’il conviendrait de se vacciner.

Dans ces pathogènes coexistent des parasites et des arbovirus, qui ne sont pas du tout la même forme de menace.

Enfin parce qu’outre les démangeaisons et pathogènes induits par la morsure du moustique, il existe des cas de personnes allergiques aux moustiques (à leurs morsures en fait). Et cela constitue une troisième strate de “vaccin”.

Il faudrait donc un vaccin contre les 4000 espèces, contre les dizaines d’arbovirus, des centaines de filarioses et parasites et un vaccin allergie moustique. Le tout en un seul produit ? Impossible.


Il faudrait donc un vaccin  contre les 4000 espèces, contre les dizaines d’arbovirus,  des centaines de  filarioses et parasites et un vaccin allergie moustique. Le tout en un seul produit ? Impossible.


vaccin bouton moustique

La vaccination contre les arbovirus

Préoccupons-nous en premier lieu des menaces les plus importantes : les arbovirus (maladies infectieuses vectorielles) transmis à l’homme par le moustique, et donc certains sont potentiellement mortels.

Nous parlons ici de : Dengue, Zika, Fièvre Jaune, Fièvre du Nil, Paludisme, Encéphalite, Chikungunya…

Il existe actuellement plusieurs vaccins contre certaines de ces maladies.

Le vaccin contre la Fièvre Jaune est obligatoire pour les voyageurs se rendant dans certains pays par exemple. On procède à des campagnes de vaccination dans les zones épidémiques quand cela se présente. Ce qui est une excellente nouvelle, lorsqu’on sait qu’il n’existe aucun traitement à cette maladie !

Contre le Paludisme (ou Malaria), aucun vaccin n’a malheureusement été satisfaisant, après plus d’un siècle de recherche. Mais il existe des traitements préventifs et curatifs.

Un vaccin contre la Dengue a récemment été développé par un laboratoire français, mais sa distribution reste encore très limitée aux zones endémiques des DOM-TOM notamment. Problème de ce vaccin : si le patient n’a jamais été exposé au virus et que le diagnostic est incertain, la vaccination déclenche le virus lui-même.

Malheureusement, contre Zika et Chikungunya, aucun vaccin n’est disponible à ce jour, même si des équipes y travaillent.

La principale difficulté étant que les sources de ces virus sont capables de muter autant que le moustique lui-même voyage, évolue et auto-génère ses propres systèmes de défense. Il est donc fort possible que les souches pathogènes qu’il transporte évoluent et mutent avec lui, ce qui ne facilite pas le travail de la communauté scientifique.


Et si le moustique devenait le vaccin ?

L’idée a beau ressembler à de la science-fiction, elle n’en est pas moins séduisante ! Songez-y : pourrait on manipuler le moustique génétiquement afin que chacune de ses morsures inocule une immunité contre les virus aux sujets qu’il pique ?

Ces moustiques modifiés génétiquement transmettraient le vaccin contre les maladies qu’ils véhiculent ! Ainsi, plus la personne serait piquée, plus sa défense immunitaire s’en trouverait renforcée !

Aussi fou que cela puisse paraître, une équipe de chercheurs japonais travaille actuellement sur cette piste.

De premiers essais sur la Leishmaniose (maladie vectorielle tropicale) se sont même avérés concluants en laboratoire… Les moustiques modifiés ont transmis à des souris les anticorps contre la Leishmaniose.

Malheureusement à ce stade la recherche est uniquement expérimentale et il n’est pas envisagé de l’étendre à une autre échelle : on ne pourrait travailler que sur un anticorps à la fois, et les moustiques vaccinateurs pourraient très bien être des moustiques vecteurs d’autres, pathogènes. 


La principale difficulté étant que les sources de ces virus sont capables de muter autant que le moustique lui-même voyage, évolue et auto-génère ses propres systèmes de défense. 


Vaccin contre les allergies aux piqûres d’insectes

vaccin allergie moustique


Autre paramètre de vaccination : les allergies. De nombreuses personnes dans le monde sont allergiques aux piqûres d’insectes, que ce soit de guêpe, de moustique ou d’abeilles.

Si pour la plupart des gens les piqûres et boutons sont simplement désagréables et occasionnent des risques de surinfection somme toute bénigne, pour d’autres de véritables réactions allergiques peuvent s’ensuivre, pouvant aller jusqu’à l’œdème de Quincke et au décès.

La solution jusqu’à présent est l’épipen : un produit à injecter pour contrer la réaction allergique. Les personnes sujettes aux allergies doivent les avoir constamment sur elles.

Bonnes nouvelles pour elles : une équipe de scientifiques australiens est en voie de développer un vaccin contre les allergies aux piqûres d’abeilles. Le vaccin est en fait un adjuvant qui aide le corps à neutraliser plus rapidement le venin d’abeille.

Le vaccin a déjà été testé sur un échantillon de sujets, avec succès. Reste à savoir quand et sous quelle forme il sera distribué sur le marché des vaccins.

Avec un peu de chance, peut être que des vaccins contre les allergies aux piqûres de guêpes ou de moustiques suivront (rappelons que ce ne sont pas les mêmes venins).



Que faire en cas d’allergie aux piqûres d’insectes ?

Il existe deux types de réactions allergiques aux piqûres d’insectes en général, et de moustiques en particulier.


  1.  la réaction locale : douloureuse, elle s’accompagne d’une rougeur locale, d’un gonflement (œdème local) de quelques cm, d’une légère induration et de démangeaisons intenses. Elle disparaît au bout de quelques heures. Il convient de veiller à ne pas gratter excessivement, pour éviter tout risque de surinfection.
  2. la réaction toxique et allergique : cette fois il s’agit d’une urgence médicale pour laquelle un transport aux urgences s’impose. Les symptômes seront plus intenses, surtout en cas de piqûres multiples : la quantité de venin injectée est plus importante. On constate généralement une urticaire généralisée, des rougeurs, démangeaisons et gonflements importants, un possible œdème de la langue, de l’épiglotte et du larynx, des bronchospasmes qui s’accompagnent d’une sensation d’oppression thoracique, d’angoisse et de cyanose (coloration bleutée de la peau), des vomissements, diarrhées, maux de tête, chute de tension et parfois des convulsions et/ou une perte de connaissance. Dans ce cas, appelez immédiatement les urgences et couchez la victime en lui surélevant les jambes.


Attention : une seule piqûre suffit, chez la personne allergique,

à déclencher une réaction toxique.


Nos autres articles

Comment choisir son ciel de lit ?

Coronavirus : le moustique peut-il transmettre le Covid-19 ?