Les solutions naturelles contre le moustique

La perméthrine, la deltaméthrine, le diéthyl-toluamide, l’acétyle, l’alaninate d’éthyle, le carboxylate de secbutyl, la pipéridine... Les pesticides de synthèse utilisés de nos jours dont certes très efficaces contre les moustiques, mais peu respectueux de l'environnement.

De plus, ils créent des problèmes écologiques dont les gens sont de plus en plus conscients, et en raison desquels nous cherchons à trouver des solutions alternatives contre les moustiques.

Si vous hésitez à utiliser des répulsifs et pesticides chimiques, et que vous préférez commencer avec des solutions naturelles anti moustiques, il existe plusieurs façons écologiques de lutter contre le moustique en respectant la nature.

Les solutions naturelles anti moustiques

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Les pièges à moustique qui utilisent des appâts naturels

Pour pièger les moustiques dans un disposiif prévu à cet effet, vous pouvez utiliser un appât biologique et naturel : huiles essentielles, hormones, eau sucrée, nectar de fleurs...

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Les encens, spirales et bougies à base de produits naturels

Il existe des encens, spirales et bougies parfumées aux plantes ou aux huiles essentielles comme l'huile de citronnelle : des produits respectueux de l'environnement, pour vous protéger contre les moustiques.

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Les moustiquaires imprégnées d'huiles essentielles

Vous avez la possibilité de vous protéger contre les moustiques en utilisant des moustiquaires (sur vos fenêtres, portes, ou au dessus de votre lit par exemple) soit seules, soit impregnées de répulsifs. Là encore, des produits naturels à base principalement d'huiles essentielles, sont disponibles sur le marché.

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Les plantes anti moustiques

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Les prédateurs naturels du moustique

Première règle du jardin et du balcon : éliminer les sites de ponte

eliminer larves moustique

La première règle de la lutte contre le moustique est de ne pas leur laisser de site de ponte pour se reproduire. L’erreur que nous commettons fréquemment, et qui a largement encouragé la colonisation du moustique tigre par exemple, et de laisser l’eau stagnante dans nos jardins ou sur nos balcons :

  • soucoupes de pots de fleurs
  • réserves d’eau non couvertes pour l’arrosage
  •  flaques, mares et bassins
  • jouets ou objets susceptibles de récupérer de l’eau de pluie qui stagnera par la suite
  • gouttières et récupérateurs d’eau pluviale non protégés par un filet
  • pneus
  • seaux
  • souches d’arbres ou arbres creux
  • plis de bâches
  • abreuvoirs à oiseaux
  • gamelle du chien
  • etc.

Il est impératif de vider régulièrement tout site potentiel de ponte du moustique dans votre jardin ou sur votre balcon ou terrasse. C’est le geste le plus efficace pour vous assurer que les moustiques ne s’installeront pas chez vous.

Les plantes anti moustiques

Comprendre ce qui attire ou éloigne le moustique

éloigner le moustique

Nous sommes tellement angoissés à l’idée d’être piqués par les moustiques que nos en oublions un fait essentiel : avant d’être des vampires assoiffés de sang, les moustiques sont des insectes qui se nourrissent principalement de nectars et sucs de fleurs.


Tout comme les fleurs les attirent et sont essentielles à leur survie, certaines ont tendance à les tenir à distance, ce qui est une excellente nouvelle.


Il faut savoir que les moustiques utilisent tout un arsenal pour « chasser ». Mais l’indicateur auquel ils sont le plus sensibles est le CO2 et les molécules que nous produisons (respiration, haleine, transpiration et particules d’acides et lipides qui se dégagent).


Les moustiques sont donc attirés par des signaux chimiques (à défaut de meilleur terme, nous les appellerons odeurs) que nous produisons, par évaporation.


Plus une partie de notre corps produit des odeurs, plus elle attire le moustique : c’est le cas des paumes de main (particulièrement chargées en bactéries et sudation), aisselles, dos, chevilles… Ils ne résistent pas à l’association acide lactique et C02 par exemple, ceci expliquerait pourquoi les moustiques aiment aussi particulièrement les buveurs de bière !


C’est ce cocktail de molécules, dont l’ammoniaque, qui est irrésistible pour le moustique chez les humains.


On est donc en droit d’imaginer que c’est la même chose pour les nectars des fleurs : si les odeurs leur plaisent, ils sont attirés et consommeront les sucs, alors que si les molécules que les fleurs dégagent leur sont désagréables, ils auront tendance à se tenir à distance.

Liste des plantes anti moustiques

Voici les fleurs et plantes connues pour ne pas être la tasse de thé du plus célèbre invité indésirable de nos barbecues d’été, vous pourrez installer votre plante anti moustique en extérieur ou opter pour une plante anti moustique de fenêtre ou plante à balcon anti moustique.

Pour savoir quelle plante repousse le moustique, consultez la liste ci-dessous :

Absinthe (Artemisia absinthium)

L’absinthe est une plante vivace médicinale qui fleurit de juillet à septembre. Elle est fréquente en Europe à l’état sauvage et pousse plus facilement sur les terrains arides et rocheux de type montagnard. Elle est très peu exigeante et vous n’aurez pas à vous en occuper !

L’absinthe présente des propriétés insectifuges (repousse les femelles pondeuses de certaines espèces) et fongicides. En médecine, on l’utilise comme vermifuge dans les maladies de l’estomac, en infusion, en poudre ainsi qu’en décoction ou en cataplasme.

Depuis le 17e siècle, on utilise la plante séchée (feuilles et fleur) comme insecticide et pour éliminer les pucerons et les acariens, les moustiques ainsi que les guêpes.

En médecine chinoise, on utilise sa lointaine cousine l’armoise pour fabriquer des bâtonnets d’armoise séchée que l’on fait brûler contre les mites, les moustiques et autres insectes, car elle contient de l’acétogénine qui est un puissant insecticide.

Ail (Allium sativum)
C’est la forte odeur souffrée de l’ail qui sera ici intéressante contre les moustiques, tiques, puces et mouches.

L’ail se plante toute l’année et se récolte en été, mais il peut également faire l’objet d’une culture en intérieur. Il se conserve très bien, séché. Ses utilisations sont nombreuses, notamment en cuisine et pour ses vertus médicinales anti-infectieuses.

Vous pouvez l’utiliser également en décoction ou en faire une macération contre les moustiques (pourrait bien ne pas faire fuir que les moustiques, mais vos invités de l’été avec !)

Asiminier (Asimina triloba)

arbuste anti moustique

L’asiminier est un joli petit arbre ornemental au feuillage caduc, originaire d’Amérique du Nord. Là-bas, on l’appelle le « pawpaw ». Ses petits fruits (asimines) sont comestibles : ce sont de petites baies jaunes au goût tout à fait inhabituel, quelque part entre la banane et la mangue ! On en fait surtout des glaces ou sorbets.

L’asiminier se plaira dans des sols bien humides et des climats ni trop chauds ni trop froids et à mi-ombre.

Cet arbuste fait partie de la famille des anones, des plantes riches en neurotoxines insecticides, auxquelles les moustiques sont sensibles.

Basilic (Ocimum basilicum)
On ne présente plus le basilic, c’est un incontournable des potagers à la campagne et en ville, et c’est aussi une plante aromatique contre les moustiques.

N’hésitez pas à cultiver du basilic en pot sur vos balcons ou vos fenêtres, il fera un excellent condiment pour vos salades en plus d’être utilisé comme plante anti moustique.

Des variétés comme le basilic citron sont encore plus efficaces.

N’hésitez pas non plus à en faire des décoctions ou tisanes, et à le faire séché, suspendu en bouquet contre les moustiques.

L’HE de basilic est également très utilisée comme répulsif.

Citronnelle (Cymbopogon citratus)
La star des antimoustiques naturels avec son fort parfum citronné et très agressif pour le moustique masque les odeurs des humains. Fait intéressant, un bouquet de citronnelle dégage beaucoup plus de parfum qu’une bougie ou un spray qui contient de la citronnelle.

Cette plante anti moustique naturel se cultive très facilement, en pot ou en pleine terre. Installez-la en jardinière sur vos rebords de fenêtres ou plantez-la autour de vote patio.

Toutes les plantes citronnelle anti moustique sont intéressantes : thym citronnelle, verveine citronnelle, basilic citronnelle, mélisse citronnelle
Et bonus indiscutable : c’est un excellent condiment pour parfumer vos plats asiatiques et desserts ou infusions !

Cytise, ou Genêt (Cytisophyllum sessilifolium)

plante anti moustique

La famille des plantes cytise, dont fait partie le genêt, est une famille très toxique pour les moustiques, en raison d’une teneur forte en alcaloïdes.

La toxicité des cytises a été prouvée sur les larves de moustique, mais malheureusement également sur les autres insectes utiles au jardin. 

Eucalyptus (Myrtaceae)
L’eucalyptus et en particulier l’eucalyptus citronné fait partie de ces plantes toxiques à la consommation pour la plupart des espèces (sauf pour le koala qui a l’air de beaucoup l’apprécier).

Il repousse les moustiques, et l’HE tirée de la plante est utilisée pour chasser les moustiques et apaiser les démangeaisons.

Les feuilles et l’écorce de l’eucalyptus contiennent une essence qui dégage un fort parfum qui masquera parfaitement le vôtre.

Pour planter de l’eucalyptus chez vous, vous aurez besoin d’un terrain marécageux avec idéalement un plan d’eau que la plante va pouvoir assainir de la présence de moustiques.

Géranium odorant (Geraniaceae ou Pelargonium graveolens)

plante qui chasse les moustiques

Le géranium a fait ses preuves contre les moustiques, sur les rebords des fenêtres et balcons. Fortement odorante, la fleur de géranium éloigne les moustiques des fenêtres. Plus il sera odorant plus son efficacité sera prouvée.

Il se cultive très bien en jardinière, en pot, et devra être rentré l’hiver pour ne pas geler (ou gardé sous une véranda chauffée).

Le géranium odorant n’est pas techniquement un géranium, mais il est couramment associé à cette famille, ainsi que le géranium rosat (pelargonium roseum) qui est une autre sous espèce très efficace pour faire rempart aux moustiques.

Herbe à chat (Nepeta cataria)
L’herbe à chat a un double intérêt : elle aidera votre chat à se purger naturellement, et elle agira comme répulsif contre les moustiques en raison de l’essence que contiennent ses brins.

On connaît cette plante pour son utilisation avec les chats (fraîche ou séchée), mais on ignore souvent que les moustiques ne l’ont pas en odeur de sainteté !

Diverses études scientifiques récentes étaieraient le fait que ses composés chimiques soient en fait extrêmement efficaces comme répulsifs à insectes.

L’herbe à chat se cultive très facilement en pots ou vasques, jardinières, sur vos fenêtres et balcons. Pensez à la laisser à la hauteur de votre chat pour que votre matou puisse y accéder !

Lavande (Lavandula angustifolia)
Contre toute attente, si la lavande est une plante mellifère appréciée des pollinisateurs et des abeilles, son parfum ne fait pas l’unanimité chez tous les insectes et il semblerait que les moustiques et les guêpes n’en raffolent pas.

Elle est efficace aussi bien fraîche que séchée, en bouquet ou en sachet de tissus pour éloigner les moustiques (et les mites et moucherons !) en raison de son odeur résolument forte.

La lavande se cultive facilement et on en trouve aujourd’hui dans presque tous les jardins français (pour son odeur justement, et ses belles couleurs). Mais malheureusement, les jardiniers ont tendance à la placer trop à l’écart des endroits de la maison ou les gens sont les plus exposés aux moustiques : rapprochez donc vos bosquets de lavande de votre terrasse ou plantez-les sous vos fenêtres, cela fera toute la différence.

Bonus : la lavande fait un excellent parfum d’intérieur l’hiver et peut être utilisée pour calmer les enfants agités, ou dans l’eau du bain, sous l’oreiller, etc.

Mélisse officinale (Melissa officinalis)
La mélisse officinale est très proche de la menthe, en aspect, en goût et en type de culture.

Et comme la menthe, elle se répand facilement et son odeur très présente (de citronnelle) a des vertus répulsives anti-insectes et calmantes sur les piqûres de moustique. Son huile essentielle est composée de citral, de citronellol, d’eugénol, de géraniol, de flavonoïdes, de polyphénols et de triterpénoïde : tous excellents contre les moustiques.

Elle fait également un aromate très apprécié. En cuisine et en tisanes.

Sachez en revanche qu’elle attirera les abeilles.

Menthe (Mentha)
Autre incontournable des plantes aromatiques du jardin : la menthe poivrée.
Si les humains adorent la menthe, en bonbons, en sirop, l’été dans un taboulé ou dans une salade de fraises la plupart des insectes détestent son odeur (sauf les papillons qui l’adorent) !

Alors n’hésitez pas à recourir à la menthe pour éloigner les moustiques. Double avantage de cette plante : en cas de piqûre, frottez quelques feuilles écrasées sur l’endroit où vous avez été piqué, cela anesthésiera les démangeaisons.
C’est la fleur de la menthe en particulier qui éloigne les moustiques, alors laissez grimper vos pieds de menthe.

Il existe des dizaines d’espèces de menthe : plus elle sera odorante, plus elle sera efficace. Vous pouvez même la cultiver en hiver à l’intérieur dans un pot sur la fenêtre par exemple. 

Pour une meilleure protection, écrasez les feuilles en pommade et frottez-les avant de partir en promenade sur vos bras et vos jambes.

Plantain (Plantago major)
Bien que le plantain ne soit pas une plante anti moustique à proprement parler, c’est une plante utile à avoir dans son jardin en cas de piqûre de moustique : elle contient en effet un antihistaminique naturel connu pour soulager toutes les piqûres d’insectes. Froissez quelques feuilles dans vos mains pour en extraire le suc et appliquer sur la peau les feuilles en compresse. Renouveler au bout de 15 minutes.

Pyrèthre de Dalmatie ou Tanaisie (Tanacetum cinerariifolium)

pyrèthre insecticide

Le pyrèthre de Dalmatie est la fameuse plante pyrèthre anti moustique : elle
ressemble à une petite marguerite sauvage, mais ne vous laissez pas tromper par son aspect bucolique : ses fleurs éloignent mouches, moustique, moucherons, et nombre d’autres insectes volants.

Il est possible de la faire sécher, tête en bas, en petits bouquets à suspendre au-dessus des fenêtres ou dans les pièces à vivre.

Il s’agit d’une vivace qui se plaît grandement en altitude, si possible au-dessus de 1500 mètres.

La plante est connue pour ses propriétés insecticides jusqu’en Afrique, ou certains pays se sont lancés dans la culture intensive et rentable de cette espèce.

Le pyrèthre est effectivement la plante utilisée en pharmacologie pour ses composés actifs répulsifs : pyréthrines, jasmoline, cinerine.

Malheureusement comme c’est souvent le cas pour les plantes toxiques, elle ne fait pas que repousser le moustique, les abeilles et d’autres insectes utiles au jardin y sont également sensibles. C’est pourquoi il est recommandé de ne l’utiliser qu’avec parcimonie pour respecter l’écologie (ne transformez pas votre jardin en champ de pyrèthre).

Mieux vaut ne pas utiliser du pyrèthre de synthèse, mais au besoin le transformer en encens en réduisant la fleur séchée en poudre.

Romarin (Rosmarinus officinalis)
Voici une autre aromatique qui fait des merveilles pour tenir à distance le moustique (les odeurs, toujours les odeurs !)

Le romarin est un arbrisseau méditerranéen qui se plaît dans les terrains calcaires et rocailleux. Mais des espèces domestiquées se cultivent très bien dans le jardin en massif ou en pot.

Mellifère, le romarin attirera les abeilles et parfumera délicieusement vos grillades et marinades, mais surtout, il compte parmi ses nombreuses vertus phytothérapeutiques une odeur camphrée qui fait des merveilles en encens contre le moustique.

Séché, réduit en poudre, infusé ou distillé pour en faire de l’HE, le romarin contient de nombreux agents actifs antibactériens et toxiques pour le moustique, qui s’enfuit à tire d’ailes quand il y a du romarin dans les parages.

Souci officinal (Calendula officinalis)
Comme le pyrèthre, mais en bien moindres proportions, le souci contient un composé répulsif et toxique pour les moustiques : la pyréthrine. Sa fleur, sa tige est ses feuilles ont une odeur aromatique forte, peu agréable, et leur saveur est amère.

C’est en France une fleur jaune très commune dans les jardins et ses fleurs sont même comestibles lorsqu’elles sont jeunes.

Les pharmacologistes sont particulièrement férus du souci et de ses nombreuses applications thérapeutiques : propriétés anti-inflammatoires, anti-œdémateuses, antioxydantes, antivirales, antitumorales, spasmolytiques, hypocholestérolémiantes, immunostimulantes, antivenimeuses, antibactérien, antiviral, antifongique et cicatrisant. Rien que ça !

Le parfum de la fleur en particulier éloigne les insectes, dont le moustique et les larves qui se nourrissent des racines de vos légumes dans votre potager.

Comment utiliser les plantes contre les moustiques ?

solution naturelle moustique

Il faut raison garder. Aucune fleur ou plante miraculeuse ne fera faire demi-tour à un moustique bien décidé à se repaître. Elles n’ont pas ce pouvoir.

En revanche, ce que ces fleurs ou plantes peuvent faire, c’est dissimuler les odeurs que vous dégagez et qui mettent tant le moustique en appétit. Les fleurs « anti moustiques » ne repoussent pas le moustique et ne suffiront pas à vous protéger des piqûres. Elles sont à utiliser comme des camouflages, pour empêcher le moustique de vous repérer, de la manière la plus naturelle et écologique possible.

C’est la raison pour laquelle il serait par exemple parfaitement inutile de planter un massif de lavande à l’autre bout de jardin.
Ces fleurs doivent être utilisées en « écran naturel à odeurs », le plus proche possible de vous :

  • Autour de votre patio/coin barbecue
  • Sur la table où vous prenez vos repas dehors
  • Sur vos rebords de fenêtres
  • En bouquet dans votre poche ou sur votre chapeau de jardin
  • À portée de votre main pour que vous puissiez en froisser les feuilles avant de vous frotter les bras ou les jambes
  • Séché, macéré, en bouquet ou en poudre selon la plante
  • Arrosez les plantes à la tombée de la nuit : cela amplifiera leur parfum qui sera multiplié par l’humidité de la nuit.
  • Plantez-les en pot ou en massifs assez compacts, pour que le parfum dégagé soit suffisamment présent.
  • Évitez de les placer à côté de fleurs mellifères ou très odorantes qui vont masquer leur odeur et produire l’effet inverse.

Dans les zones endémiques, il va de soi que ne se fier qu'à la barrière de protection des plantes répulsives à moustiqueest une soution insuffisante

Protégez-vous comme il se doit, pour votre santé et celle des autres.

Des insecticides naturels issus des plantes

insecticide naturel

Champ de production de pyrèthre naturel en Afrique

Face au débat public et sanitaire d’importance globale qui agite le monde de la lutte antivectorielle, les insecticides, biocides et pesticides chimiques sont de plus en plus remis en question en raison du mal qu’ils ont fait à l’écologie et aux écosystèmes.


Pour cette raison, les laboratoires se tournent de plus en plus vers les composés actifs insecticides d’origine végétale, issus des plantes qui chassent les moustiques.

De nombreuses fleurs, plantes, et même des céréales portent dans leurs gènes leur propre système de défense insectifuge ou antiparasitaire. C’est l’un des miracles de la nature (l’adaptation !).


Les insecticides végétaux pourraient donc bien dans un futur proche reprendre l’avantage sur les insecticides de synthèse.


Parmi ceux-ci, citons :


  • La pyréthrine : présente dans de nombreuses fleurs, elle est très efficace contre les insectes, mais elle est très volatile et « soluble » dans l’air. Il faut donc trouver une façon de la figer avant qu’elle ne s’évapore.
  • La roténone : très toxique pour certains poissons et insectes qu’elle paralyse en les empêchant de respirer. Elle a l’avantage d’être inoffensive sur les abeilles.
  • La nicotine : si la nicotine du tabac est très toxique pour l’homme (et cancérigène), en bouillie au contact des insectes elle est également insectifuge.
  • Les alcaloïdes : des centaines d’espèces végétales contiennent des dizaines d’alcaloïdes toxiques pour les insectes par ingestion. Ils se sont avérés très efficaces sur le nuisible dans les cultures de fruits.
  • La quassine : extraite d’un arbre d’Amérique centrale (Quassia amara), la quassine est efficace contre les insectes nuisibles tout en préservant les abeilles et les coccinelles.
  • La ryanodine : voici un très intéressant insecticide, qui par contact finit par empêcher les insectes de se nourrir, de se déplacer et de se reproduire. C’est un insecticide sélectif, mais qui reste toxique pour certains vertébrés.
  • Le géraniol : actif très connu, il agit à tous les stades du cycle des insectes (œuf, larve, nymphe et adulte) qu’il étouffe.
  • Le café : les grains de café mon torréfié contiennent des globulines insecticides très efficaces contre certaines larves nuisibles en agriculture. Des tests sont en cours pour mesurer la nocivité sur l’homme.

Les plantes carnivores mangeuses de moustique

plante carnivore moustique
plante carnivore moustique
plante carnivore moustique
plante carnivore moustique

Les plantes censées être carnivores sont en réalité des plantes insectivores (elles s’en prennent rarement à des buffles ou rhinocéros… au pire des rongeurs minuscules).

Elles sont donc entomophages : elles attirent les insectes et les capturent. Au point que certains collectionneurs de plantes carnivores prétendent qu’ils ont à la maison un insecticide entièrement naturel et écologique !

Les plantes carnivores ont donc une façon de se nourrir assez inhabituelle dans le monde des plantes, leurs cousines se contentent d’eau, de lumière et de nutriments du sol.

Principal outil de « chasse » de plantes carnivores : leurs couleurs chatoyantes, leur odeur enivrante pour les insectes et les sucs et nectars qu’elles libèrent et qui attirent irrésistiblement les malheureux insectes.

Elles attirent donc essentiellement par l’odeur, puis ce sont leurs couleurs qui « guident » leurs proies vers leur système digestif et le piège mortel qui va se refermer sur elles.

Le type de proie piégée par les plantes carnivores dépendra de leur géographie, de leur taille et des insectes à disposition dans leur environnement naturel.

Toutefois les plantes carnivores restent des plantes très fragiles, dont il faut prendre soin et qu’il faut savoir cultiver. Ne vous attendez pas non plus à ce qu’elles vous débarrassent de nuées de moustiques : leur appétit bien qu’original est assez limité.

Pour qu’une plante carnivore fasse office de piège à moustique naturel, il faut la disposer près d’une source lumineuse, en intérieur, à l’abri des courants d’air et devant une ouverture (fenêtre ou porte).

  • Drosera capensis : le piège de cette plante carnivore, ce sont ces feuilles collantes, qui agissent comme des pièges à glu pour les insectes qui ont le malheur de s’y poser. La feuille enserre alors l’insecte pour le digérer.
  • Dionaea muscipula ou « attrape-mouche de Vénus » : plante anti mouche et moustique par excellence, elle capture des mouches, araignées et moucherons. Son piège en forme de bouche monstrueuse se referme sur sa proie à une vitesse spectaculaire.
  • Aldrovanda vesiculosa semble particulièrement apprécier les moustiques ou nymphes aquatiques.
  • Utricularia est une sorte d’aspirateur à moustiques naturel ! Elle se nourrit de zooplancton, incluant des larves de moustiques. Elle est particulièrement adaptée aux bassins.

Les huiles essentielles contre les moustiques

Les HE (huiles essentielles) anti moustique ne sont rien d’autre au fond que les principes actifs concentrés des fleurs.


Mais es huiles essentielles sont également efficaces pour soulager les personnes qui ont été piquées, si administrées suffisamment rapidement : pour apaiser une piqûre de moustique, on les applique de manière cutanée, pure (1 à 2 gouttes directement sur le bouton, tapoter sans frotter) ou en pulvérisation.


  • Le citronellol et le géraniol sont les principales HE utilisées contre les moustiques, pour leur effet-écran (à tort appelé répulsif).
  • L’HE de giroflier ou l’HE de lavande sont anesthésiantes et des antihistaminiques naturels contre l’inflammation.
  • L’HE de menthe poivrée permet de soulager les démangeaisons occasionnées par une piqûre de moustique presque immédiatement.

Comment tuer les larves de moustique ?


Si vous avez une fontaine de jardin, versez quelques gouttes d’HE de menthe dans l’eau pour dissuader les moustiques de pondre à cet endroit (ou pour éliminer les œufs !)

Attention à ne jamais utiliser de HE sur les enfants de moins de 6 ans et les femmes enceintes !

Les prédateurs des moustiques : invitez-les dans votre jardin

Autre option entièrement naturelle et écologique (merci Mère Nature pour tant d’ingéniosité) pour lutter contre le moustique : après la flore, la faune !

Le moustique, comme tout le monde, a des prédateurs naturels. Il fait partie d’une chaîne alimentaire, et n’est pas toujours au sommet de la pyramide !

Malheureusement, l’écologie étant malmenée depuis des années, les écosystèmes sont bousculés et la biodiversité mise à mal. C’est sans doute en partie ce qui explique la prolifération des moustiques sur la planète : les prédateurs des larves de moustique et des moustiques adultes sont en voie de disparition.

Donc pour lutter efficacement contre le moustique, une des façons de faire et de réinviter ou réintroduire ces prédateurs dans votre jardin. L’opération peut prendre du temps et exiger des efforts, mais cela en vaut vraiment la peine.

Vous ne ferez pas seulement un geste pour vous débarrasser de moustiques, vous participerez à la protection de l’environnement !

À tous les stades de leur vie (larve, nymphe, adulte), les moustiques sont un repas de choix pour certaines autres espèces.

Araignées

Chauve-souris

(elles peuvent manger jusqu’à 600 moustiques par séance de chasse nocturne !)

Insectes

predateur moustique

Coléoptères aquatiques

Libellules

Chaoboridae

Notonectes

Coléoptères

Toxorhynchtes
(un autre moustique, mais non hématophage, qui dévore les larves des moustiques vecteurs)

Amphibiens

Crapauds

Tritons

Salamandres

Grenouilles

Oiseaux

predateur moustique


Étourneau

Gobemouche noir ou gris

Grimpereau des jardins

Hirondelles

Martinets

Mésanges : mésange bleue, mésange charbonnière, mésange nonnette, mésange huppée...

Moineau

Sittelle torchepot

Troglodyte mignon

Poissons larvivores

Gambusie

Épinoche

Engoulevent

Poeciliidaes

Guppy

Platy

Golomines

Xipho

Gourami

Poisson-paradis

Colisa

Combattant

predateur moustique
predateur moustique

Reptiles

Serpents (même si on n’a pas trop envie d’en avoir dans son jardin)

Lézards

Tortues

Crustacés

Mesocyclops aspericornis

Romanomermis culicivora

Crevettes d’eau douce

Malheureusement, les prédateurs du moustique tigre sont rares. Il faudrait aller chercher des espèces en Afrique d’où le moustique est originaire. 

Par ailleurs son activité étant essentiellement diurne, le moustique tigre n’est pas exposé aux prédateurs efficaces, comme la chauve-souris, qui ne chasse que la nuit.

solution naturelle moustique

Astuces pour favoriser le retour des prédateurs du moustique dans votre jardin

  • 1
    Ne détruisez pas les nids des oiseaux.
  • 2
    Optez pour un bâti qui intègre la vie animale (nichoirs, charpente apparente...)
  • 3
    N’utilisez pas de pesticides (granules, pulvérisation, pièges) dans votre jardin.
  • 4
    Installez des nichoirs et des cabanes à oiseaux et mettez-y des graines.
  • 5
    Installez un hôtel à insectes dans votre jardin et plantez-y des fleurs et plantes mellifères.
  • 6
    Installez un petit point d’eau qui servira d’abreuvoir et de biotope (n’oubliez pas d’y mettre quelques poissons).
  • 7
    Ne versez pas de larvicide chimique dans votre bassin : les poissons se chargeront des larves.
  • 8
    Laissez des petits coins de votre jardin non nettoyés : tas de bois, branchages, petites réserves de terre argileuse.
  • 9
    Si vous avez un chien, gardez ses poils quand vous le brossez et disposez de petites touffes dans les arbres : les oiseaux pourront s’en servir pour construire leur nid.
  • 10
    Si vous avez la chance d’avoir des chauves-souris dans votre grenier, dérangez-les le moins possible.
  • 11
    Laissez un compost à ciel ouvert dans votre jardin.
  • 12
    Partagez et laissez quelques baies et petits fruits sur les arbres ou tombés au sol .
  • 13
    Plantez chez vous des haies d’arbustes ou buissons locaux originaires de votre région, pas des haies de thuyas (dans lesquelles les oiseaux ne nichent pas).
insecticide écologique

Attention : N’importez aucune espèce animale ou végétale exotique dans votre jardin, comme souvenir de vacances par exemple. Privilégiez les espèces et variétés locales ! 

À vouloir chasser un fléau, vous pourriez en importer un autre !

Se débarrasser des moustiques,

mais garder les abeilles

Malheureusement, à l’heure actuelle, tous les stratagèmes mis en place pour éradiquer les moustiques ont deux inconvénients principaux :

  1. Il est impossible de tuer les moustiques avec des insecticides sans faire une victime collatérale de taille : les abeilles.  Les insecticides ne font pas de distinction : tout ce qui vole et qui est petit tombe. Et nous manquons cruellement d’abeilles : leur disparition pourrait bien engendrer la nôtre...
  2. Depuis des siècles, l’homme essaie de venir à bout des moustiques et l’éradication semble impossible tant le moustique a démontré d’impressionnantes qualités d’adaptation jusqu’à la mutation (il résiste à chaque nouvel insecticide). Dans les années 50/60 en Amérique latine des efforts colossaux ont été mis en place pour éradiquer Aedes aegypti, y compris l’utilisation de DDT : en vain. Non seulement le moustique est revenu, mais pendant ce temps il a conquis l’Asie et l’Afrique (effet domino).

Face à ces deux problèmes majeurs, les écologistes et environnementalistes proposent de repousser le moustique et de le tenir à distance plutôt que de chercher à tout prix (et en vain) à l’éliminer.

En cela, recourir à des moyens de lutte naturels et écologiques permettrait in fine de lutter de manière plus ciblée contre le moustique en particulier, et de nous protéger des maladies vectorielles sans décimer les abeilles et les autres insectes butineurs dont le déclin est dramatique.

Les pesticides utilisés en masse dans les campagnes de démoustication ont des effets catastrophiques sur le vivant, toute échelle et toute espèce confondue : insectes, oiseaux, sol, eau, air, humains… Il ne faut pas oublier que les pesticides sont généralement couplés avec des herbicides et fongicides, à la toxicité chronique et très durable dans le temps.

75 % des insectes volants ont disparu en Allemagne en moins de 30 ans, et il est tout à fait raisonnable d’assumer que ce chiffre s’étend à toute l’Europe.
Les victimes sont les abeilles domestiques et sauvages, les bourdons, les papillons, les syrphes, les bombyles...

84 % des céréales, fruits et légumes que nous mangeons dépendent des pollinisateurs : cela laisse entrevoir la réaction en chaîne.

1/3 des oiseaux des zones rurales a disparu en France ces quinze dernières années (oui, ces mêmes oiseaux qui mangent les moustiques).

La question de la protection (et de la survie) des pollinisateurs relève de l’intérêt public supérieur et de la responsabilité de tous : les gestes posés doivent être à la fois collectifs et individuels (en sachant que les grands changements partent bien souvent de l’individuel pour atteindre le collectif).

C’est pourquoi une gestion écologique et responsable de la lutte contre les moustiques est devenue nécessaire, tout en continuant de lutter contre les maladies vectorielles (vaccination et recherche, accès aux soins, prévention...).

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