Les différentes espèces de moustique en France

espèces de moustiques

Culicidae, Culex, Aedes, Anopheles, Pipiens, Aegypti... C'est à en perdre son latin ! Quelles sont les différents moustiques présents en France ? De quelles espèces de moustique faut-il vraiment se méfier ? Comment les reconnaître et quelles sont les solutions ? Portrait de famille.

Les espèces de moustiques en France

On trouve en France 65 espèces de culicidae, ou plus communément moustiques, en France. Ce qui finalement est assez insignifiant en comparaison des 3500 espèces mondiales !

Sur les 65 différents moustiques, certains sont autochtones, d’autres importés.

Certains de ces moustiques piquent (mordent) et sont hématophages, d’autres non. Plus ou moins gros, plus ou moins menaçants, plus ou moins bruyants et agaçants, certains sont diurnes et d’autres nocturnes.

Une quinzaine seulement sont susceptibles de piquer (mordre, en réalité) l’homme. Les autres repas de prédilection des moustiques hématophages sont les animaux (bétail ou animaux domestiques).

Le principal danger (rare, mais réel) est la transmission de maladies appelées arboviroses. Principalement la Dengue, le Paludisme, la Fièvre jaune, les virus Zika et Chikungunya.

Mais certaines personnes peuvent également développer de graves allergies aux piqûres de moustiques, pouvant aller jusqu’à l’Oedeme de Quincke.

Les 3 sous-espèces de culicidae présentes en France sont :

1

Aedes

2

Anopheles

3

Culex

Aedes

aedes aegypti et Aedes albopictus

Aedes caspius, Aedes detritus, les moustiques « chanteurs » ne sont peut-être pas la sous-espèce la plus imposante en taille et en nombre (seulement 263 représentants de cette branche), mais c’est probablement celle dont on entend le plus parler ces dernières années, en particulier en raison de deux illustres membres : Aede Albopictus (le fameux moustique tigre) et Aedes Aegypti.

Et la raison pour laquelle ils ont atteint cette notoriété est que ces moustiques sont potentiellement vecteurs de maladies aussi peu attrayantes que la Dengue, le Chikungunya ou la Fièvre jaune.

Ces moustiques Aedes sont importés d’Afrique jusqu’en France, ils ont voyagé jusqu’à nous par le biais de transports de marchandises ou de personnes et ont fait preuve de facultés d’adaptation et de résistance à ce nouvel environnement/climat qui forcent le respect.

Leur grande particularité est qu’ils sont diurnes : les femelles piquent la journée.

Les femelles Aedes pondent sur les substrats asséchés des milieux temporairement inondables (zones inondables, prés salés, dépressions dunaires, prairies ou friches inondables, etc.) et sont particulièrement présents dans le Languedoc – Roussillon et en Bretagne.

Aedes albopictus, plus connu sous le nom de moustique tigre,  est l’une des espèces les plus invasives (et les plus dangereuses) au Monde. Les entomologistes estiment qu’il sera présent sur l’ensemble de l’hexagone d’ici 2030.

Anophèle

culicidae anophele

Le moustique « inutile » d’après les entomologistes qui les ont ainsi nommés, est une sous-espèce un peu plus imposante en taille avec 464 représentants.

La mauvaise réputation du moustique Anophèle est liée à son rôle de vecteur dans les cas de Paludisme. Il transporte un parasite appelé Plasmodium.

Anopheles gambiae transmet également la filariose lymphatique.

Ces moustiques sont originaires d’Afrique subsaharienne et aujourd’hui très répandus.

Ils sont très présenta dans le sud de la France, en Corse en Camargue et dans le delta du Rhône. Les Anophèles pullulent dans les rizières et les marais.

Culex

culex pipiens

En Guadeloupe, on les appelle « maringouins ». Terme que nous avons importé sur le continent pour désigner toutes sortes de pénibles moustiques.

Les Culex sont l’espèce la plus commune et répandue en France, avec pas moins de 768 représentants.

Les plus connus sont Culex pipiens et Culex quinquefasciatus. On les retrouve absolument partout : milieu tropical, milieu tempéré, ville et campagne…

Culex pipiens ne transmet aucune maladie, il est juste regrettable qu’il gâche plus souvent que nécessaire nos nuits de sommeil ou nos siestes l’été. Il fréquente les eaux stagnantes riches en matières organiques (souches d’arbres, rejets de stations d’épuration, mares, collecteurs d’eau pluviale, bassins, piscines, bidons et récipients divers, souches d’arbres creux, bassins de lagunage, rejets de stations d’épuration, roselières, etc.

Culex quinquefasciatus en revanche peut-être vecteur de la filariose est de la Fièvre du Nil. Heureusement à l’heure actuelle on le trouve surtout aux États-Unis.

Et le cousin ? Est-ce un moustique ?

cousin moustique

Quid alors du moustique cousin ?

La tipule, ou Tipula paludosa, est un diptère, comme le moustique, mais il appartient à la famille des Tipulidae, pas des Culicidae, et en cela il est différent, très différent du moustique tel que nous l’entendons.

Même si le cousin ressemble à un moustique qui aurait mangé beaucoup de soupe quand il était petit (il mesure 20 à 25 mm), il est beaucoup plus proche d’une mouche. Et il ne pique pas. La seule nuisance du cousin, ce sont ses larves qui occasionnent des dégâts dans les prairies et les semis.


Les larves de la tipule sont de petits asticots de 4 mm très résistants, qui se nourrissent des racines de plantes dans le sol, de janvier à mai. Ce qui a pour incidence de faire jaunir prématurément les prairies, pelouses ou terrains de sport en gazon. Elles s’en prennent également au blé, à l’orge et aux pommes de terre.

Ce gros "moustique" qui est en fait une mouche est donc bien plus innocent que le petit moustique noir, gris ou tacheté de blanc (la taille ne fait pas le danger !)

À tort, certains appellent également le moustique commun (Culex pipiens) « cousin ».

Pourquoi les moustiques piquent-ils ?

piqure de moustique femelle

Ce sont tous les différents moustiques, toutes espèces confondues, mais exclusivement les femelles, qui piquent. Elles deviennent hématophages pour trouver les nutriments nécessaires pour faire grossir leurs œufs et pouvoir pondre des larves fécondées. Une fois gavé de sang, leur abdomen contenant le précieux liquide devient entièrement rouge, au point que certains cherchent à identifier quelle est cette nouvelle espèce de moustique rouge !

Les scientifiques ont remarqué que l’agressivité des femelles est plus marquée si elles sont nées de larves ayant vécu à l’obscurité et dans des milieux riches en matière organique, et par opposition, l’agressivité des femelles est pratiquement nulle pour celles issues de milieux aux eaux claires et ensoleillées.

larves de moustique

Le reste du temps, elles se nourrissent de nectars de fleurs.

La seule sorte de moustique qui ne pique pas est… le moustique mâle ! Tout simplement, car il n’a aucun besoin de sang pour nourrir sa progéniture.

Cette caractéristique intéresse les chercheurs au point d’envisager de manipuler génétiquement les moustiques pour transformer les femelles en mâles (les empêcher de piquer et par la même occasion de se reproduire, autrement dit : exterminer les moustiques de la surface de la planète).

Seul rempart à la science : malgré moult analyses du génome de milliers d’espèces de moustique, impossible jusqu’à maintenant d’identifier le gène mâle ! La séquence génétique du moustique s’avère particulièrement complexe.

Plan national de lutte contre le moustique

lutte contre le moustique

Il va de soi qu’en France, les départements et territoires d’outre-mer, tropicaux ou subtropicaux, sont plus sujets aux moustiques dangereux que le continent. Le moustique à la Réunion a par exemple fait de nombreuses victimes de Zika et Chikungunya en 2005 et plus récemment.

Mais il ne faudrait pas pour autant sous-estimer la nuisance du moustique sur le continent, car le moustique tigre est bien présent, avec des départements en vigilance orange et rouge.

  • Depuis 2006, le Ministère de la Santé a mis en place un Plan national pour limiter la propagation des arbovirus en France (maladies transmises par les moustiques), qui est revu chaque année pour être adapté à l’évolution de la situation.
  • Une démoustication est réalisée régulièrement dans les zones en alerte rouge par l’Entente Inderdépartementale de Démoustication et l’Agence Régionale de Santé.
  • L’observation des implantations du moustique tigre notamment fait l’objet d’un suivi régulier et constant, pour savoir quelles sont les zones colonisées et les territoires auxquels il s’étend.
  • La déclaration des cas d’Arboviroses autochtones et importés est obligatoire. C’est le médecin traitant qui doit les signaler aux autorités de santé.
  • La recherche sur les traitements médicaux et vaccinations est partiellement financée par le gouvernement.
  • Des opérations de sensibilisation et de communication sont régulièrement effectuées, que ce soit sur le thème du moustique ou de la tique, pour informer les populations des dangers et précautions à prendre.
question

FAQ sur le moustique


Quels sont les prédateurs naturels des moustiques ?

Si vous souhaitez inviter de nouveaux résidents dans votre jardin pour vous débarrasser de moustiques, encouragez la biodiversité ! C’est précisément la disparition de la biodiversité qui encourage la domination du moustique.

Les oiseaux insectivores (hirondelles, martinets...), les grenouilles et batraciens, les libellules, les poissons, les salamandres, les chauves-souris… Tous ces animaux sont des prédateurs naturels du moustique dans l’ordre naturel de la pyramide alimentaire. Et des alliés indispensables dans a lutte contre le moustique !

Y a-t-il des moustiques Européens ?

Oui. Différents moustiques sont originaires d’Europe et de France, dont Culex pipiens. Au départ si ce moustique était parfaitement inoffensif, l’arrivée de moustiques Aedes ou Anopheles et avec eux l’importation de cas de maladies pourrait le rendre dangereux. Si le Culex pique une personne malade et contagieuse, il peut transmettre l’arbovirose aux personnes qu’il piquera ensuite.


Ce n’est pas le moustique en soi, ou l’espèce de moustique, qui est dangereuse, mais le fait qu’il ait ou non à sa disposition une espèce réservoir de virus…

Existe-t-il de moustiques génétiquement modifiés ?

Oui. Dans le cadre de la lutte antivectorielle pour éradiquer les arboviroses, les scientifiques ont déjà expérimenté sur plusieurs scénarios génétiques du moustique : des moustiques infectés avec une bactérie Wolbachia, des moustiques stériles, etc.


À date, même si la Wolbachia est prometteuse pour lutter contre le Paludisme, aucune de ces expérimentations n’a encore vraiment marqué de tournant révolutionnaire dans la lutte contre le moustique tigre.

Que se passerait-il si tous les moustiques disparaissaient ?

Les biologistes s’interrogent : si la disparition complète du moustique ne créerait a priori aucun déséquilibre dans l’écosystème (sa présence n’est indispensable à la survie d’aucune autre espèce), est-ce que le départ du moustique ne laisserait pas une place libre à un autre nuisible encore plus dangereux ? Car rappelez-vous : la nature a horreur du vide…

Où disparaissent les moustiques pendant l’hiver ?

Certains hivernent et restent au stade adulte, leur organisme ralentit, ils cessent de s’alimenter, et ne bougent plus jusqu’au printemps, terré dans un coin abrité des frimas de l’hiver : rochers, greniers, souches d’arbres...

D’autres hivernent sous forme d’œuf ou de larve.

Est-ce les moustiques meurent après avoir piqué ?

Non, car les moustiques femelles piquent avec leur rostre buccal pour se nourrir. Le rostre se plante dans la peau et se retire facilement. Les animaux qui meurent après avoir piqué, comme l’abeille, le font avec leur dard, pour se défendre. Le dard fiché dans la peau de leur agresseur, elles doivent l’arracher de leur abdomen pour se dégager, ce qui entraîne leur mort.

La lumière attire-t-elle vraiment les moustiques ?

Non. Le moustique est aveugle. En revanche il est attiré par la chaleur (donc celle de l’ampoule électrique dans la nuit par exemple). C’est sa technique de chasse pour trouver la peau de son hôte.

À part le sang, que mangent les moustiques ?

Seules les femelles avant la ponte se nourrissent de sang. Le reste de leur régime alimentaire est le même que celui des mâles : essentiellement constitué de nectars de fleur ou autres nectars sucrés, de l’eau filtrée, des sucs de fruits...

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