Le moustique tigre : identification, piqûre, traitement, prévention

moustique tigre

Aedes albopictus. Voici son petit nom.
Contrairement au moustique commun, qui appartient à la famille des Anopheles.

Et le nom latin du moustique tigre lui sied d’ailleurs à merveille puisque Aedes signifie « déplaisant ».

On l’a surnommé moustique tigre en raison de son origine asiatique et de ses rayures (des anneaux en réalité, mais à l’œil nu difficile de faire la différence) noires et blanches caractéristiques. Et puis parce que « moustique zèbre » ou « moustique dalmatien » ne rendaient pas vraiment hommage à la dangerosité de l’animal…

Présentation DE L'insecte "serial killer"

On le connaît également le moustique tigre sous le nom de « moustique forestier », ou « moustique asiatique ».

Ce moustique est donc originaire des forêts tropicales de l’Asie du Sud-Est. En 20 ans, avec les flux de personnes et de marchandises en provenance de cette région vers le reste du monde, ce moustique a littéralement conquis les deux hémisphères de la planète.

Désormais implanté bien loin de chez lui, le moustique tigre a connu en deux décennies une extension de son territoire sans nulle autre pareille.

En soi, ce ne serait pas si grave si ce n’était les dangers associés à la piqûre du moustique tigre. Personne ne s’est jamais plaint des flux migratoires de la coccinelle après tout !

La résistance du moustique tigre est impressionnante

En effet, en raison d’une résistance particulière et d’une série de particularités métaboliques, le moustique tigre a été identifié à l’origine de la transmission de certains pathogènes qui se sont depuis les années 2000 transformés en épidémies : Dengue, Chikungunya, Zika et autres parasites qui ont fait dans certaines régions des centaines de morts et des milliers de pathologies graves (dont les encéphalites).

Le moustique tigre a été identifié pour la première fois par des entomologistes en 1894, qui l’ont classé comme une sous-branche des Stegomyias. Mais l’espèce a depuis pris une telle importance et connu une telle croissance que les moustiques tigres ont désormais leur propre branche (Aedes) dans la famille des diptères.

Qu’on se le dise : le moustique tigre est bien là, ce n’est plus simplement une menace lointaine, il ne cesse d’agrandir son territoire et il est sur le point de devenir domestique en Europe, et c’est un vecteur de pathogènes jusqu’ici exotiques particulièrement dangereux et résistant.

Un prodige de l'adaptation

À la grande différence des autres espèces de moustiques, le moustique tigre n’a pas besoin (ou très peu) de zones humides et de points d’eau pour se sentir chez lui. 30 ml lui suffisent à pondre ses œufs.

Autre adaptation particulièrement importante : si les moustiques communs préfèrent s’installer au calme loin des activités humaines et pondre dans des zones désertiques, ce n’est pas le cas du moustique tigre, qui s’accommode très bien des zones occupées, des villes, et de la présence des hommes. Cela se ressent dans son comportement, car si vous chassez un moustique commun, il sera beaucoup plus effarouché qu’un moustique tigre.

Troisième importante spécificité du moustique tigre, il a démontré sa capacité incroyable à s’adapter à tous les climats, y compris les régions plus froides et tempérées. Le moustique tigre est en effet capable de se mettre en hibernation lorsque la température descend trop bas. Fait exceptionnel, ses larves et ses œufs sont également capables d’hiberner et de mettre leur croissance en pause pour n’éclore que lorsque la température sera plus douce.

Le phénomène d’adaptation de l’espèce du moustique tigre particulièrement significatif : on a remarqué que là ou le moustique tigre s’installe, il est capable de dominer puis de remplacer complètement les autres espèces de moustiques présentes avant lui.

Les scientifiques ont remarqué que les œufs de moustiques tigres pondus dans les zones tempérées supportaient de mieux en mieux le climat des régions froides au stade adulte, et n’avaient même plus ce besoin d’hiberner ! C’est la seule espèce de moustique capable de survivre à des températures en dessous de zéro.

Outre le froid, les œufs du moustique tigre résistent particulièrement bien au manque d’eau et à la dessiccation : ce qui leur permet de survivre à de longs trajets dans les transports de marchandises par exemple. Le moustique tigre n’étant pas capable de parcourir en vol de longues distances, il est particulièrement adapté au rôle de passager clandestin de tous le moyen de transport : bateau, avion, trains, etc.

image moustique tigre

Dans les années 60, en Asie, pour lutter contre la fièvre jaune, on a bombardé des régions entières de DDT : les populations de moustiques de ces régions ont complètement disparu. 

À ceci près que les zones traitées étaient des zones éloignées des villes : c’est là toute la supériorité du moustique tigre, qui se plaît en présence et sur le périmètre des humains, contrairement aux autres moustiques.

Les moustiques tigres ont donc remplacé les autres moustiques dans ces régions et sont devenus domestiques. Mais d’autres cas de remplacements d’une population de moustiques communs par une population de moustiques tigres se sont déjà présentés, s’expliquant par la ténacité des larves du moustique tigre, un métabolisme légèrement différent, un système reproducteur sensiblement plus performant, etc.


En Europe, on n’a pas encore identifié d’espèce de moustique autochtone qui pourrait représenter une menace et entrer en conflit de territoire avec le moustique tigre.

Mutation génétique

L’exemple des bactéries Wolbachias est particulièrement fascinant et illustre à merveille les impressionnantes capacités d’adaptation du moustique tigre.

Le moustique tigre est en effet porteur de l’infection bactérienne des Wolbachias qui touche à ce jour 60 % des arthropodes (insectes, araignées, crustacés et autres animaux dotés de plus de 2 paires de pattes).


Mais si, sur les autres espèces, ces bactéries s’avèrent fatales pour le porteur (et accessoirement peuvent engendrer des cas d’éléphantiasis chez les humains), sur le moustique tigre on a remarqué que les femelles moustiques tigres porteuses de Wolbachias produisent davantage d’œufs et vivent plus longtemps que les autres femelles !


Ainsi, seules les femelles infectées peuvent se reproduire. Au point que, à long terme, on peut supposer que l’ensemble de moustiques tigres sera porteur de Wolbachias, ce qui pourrait conduire à un changement naturel du génome, ou une mutation.


En biologie on parle d’une relation synergique : ce sont deux espaces capables de tirer profit l’une de l’autre et d’évoluer de concert.

Apprenez à le reconnaître, car vous allez le croiser

Voici les principales différences entre le moustique tigre (Aedes) et le moustique commun (Anopheles) :

Moustique tigre vs moustique commun

aedes

Photo d'un moustique tigre

Le moustique tigre (Aedes) tient son sobriquet des rayures noires et blanches (un blanc vif) caractéristiques de ses pattes (« albo pictus » veut dire « peint en blanc »).

Une fine ligne blanche d’écailles parcourt la ligne médiane entre ses yeux et continue jusqu’au thorax. Seuls les moustiques de cette espèce sont dotés de ce trait distinctif.


Son corps est foncé et son thorax est noir. L’abdomen marque généralement des reflets argentés à blancs.

Anopheles

Photo d'un moustique commun

Le moustique commun (Anopheles) adopte diverses tailles et couleurs, mais il est généralement brun à gris/noir, sans motif sur le thorax.

 TAILLE

2 à 8 mm (rare). Plus la larve sera alimentée, plus la taille du moustique tigre adulte sera importante. Les mâles font 3/4 de la taille des femelles.

 TAILLE

3 à 15 mm, selon les centaines d’espèces… Les mâles sont plus petits.

VOL

Hésitant et maladroit. Très courtes distances. Il est facile à écraser en vol du fait de son vol assez lent. Contrairement à une idée répandue le moustique tigre silencieux est une légende.

VOL
De 1,6 à 2,4 km/h. Les moustiques les plus sportifs peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

PATTES

La paire de pattes arrière est souvent relevée. Seules les 2 paires de pattes avant et centrales sont tigrées noir et blanc (ce sont en fait des anneaux blancs plutôt que des rayures). Plus le moustique vieillit, plus ses anneaux blancs et ses reflets argentés s’estompent.

PATTES

De la même couleur que le corps

AILES

Légèrement argentées. Elles laissent une sorte de poudre quand on les écrase, comme celles des papillons de nuit.

AILES

Transparentes.

ALIMENTATION

Nectar de fleurs et sang (femelles)

ALIMENTATION
Nectar de fleurs et sang (femelles)

FEMELLES HÉMATOPHAGES

Elles prélèvent environ 2 μl de sang à chaque morsure, mais auront tendance à mordre plusieurs fois leur hôte.

Les œufs du moustique tigre sont beaucoup plus voraces en protéines, les femelles se nourrissent plus souvent, et alternent plus souvent proies animales et humaines, ce qui fait d’elles un vecteur de maladies beaucoup plus efficace.

FEMELLES HÉMATOPHAGES

Elles prélèvent environ 2 μl de sang à chaque morsure, mais préfèrent changer de proie d’une morsure à l’autre

REPÉRAGE DES PROIES

Grâce notamment à la chaleur, aux odeurs et aux émissions de dioxyde de carbone.

REPÉRAGE DES PROIES

Grâce notamment à la chaleur, aux odeurs et aux émissions de dioxyde de carbone.

HEURES DE CHASSE 

Le jour, en particulier matin et soir. Idéalement dans les zones boisées, mais s’est adapté aux zones peuplées.

HEURES DE CHASSE 

La nuit ou au crépuscule uniquement.

HEURES DE REPOS

La nuit

HEURES DE REPOS
Le jour

PIQÛRE

Indolore, mais perceptible (on « sent » la piqûre du moustique tigre, comme si on vous touchait avec un brin de paille). Symptôme du moustique tigre : le bouton de moustique tigre forme une sorte de cloque plate, de 5 mm à 2 cm de diamètre. Il pique généralement bas : jambes, chevilles. Le moustique tigre n’aime pas la hauteur.

bouton moustique tigre

PIQÛRE
Indolore et imperceptible. Le bouton est minuscule et ne gonfle qu’en cas d’allergie. Il pique tous les endroits de la peau exposés.

PONTE

50 à 200 œufs par ponte. Les femelles pondent près de points d’eau minuscules, pas forcément en contact avec l’eau, mais toujours à moins de 200 mètres de fleurs et pollens. 
Elles préfèrent les eaux stagnantes, mais les rivières, ruisseaux ou fleuves ne leur font pas peur. 30 ml d’eau suffisent largement.

PONTE

40 à 80 œufs par ponte. Les femelles pondent sur l’eau, en contact avec celle-ci.

HABITAT

Environnements urbains et péri urbain, forêts, jardins. Il adore les poubelles et tas de déchets et s’Adapte à toutes les circonstances. Il aime beaucoup les lieux de transit : ports, entrepôts, aires de repos sur les autoroutes, gares...

HABITAT

À l’écart des activités, le plus proche possible de l’eau.

Il existe d’autres espèces de moustiques qui peuvent être confondues avec le moustique tigre pour qui n’a pas l’œil averti :

Ochlerotatus canadensis

Ochlerotatus canadensis

Culiseta annulata

Culiseta annulata

Aedes geniculatus

Aedes geniculatus

Aedes cretinus

Aedes cretinus

  • Ochlerotatus canadensis, en Amérique, qui porte des rayures similaires sur les pattes.
  • Culiseta annulata, en Europe, a également ce genre de dessin sur les pattes, mais pas la ligne blanche médiane. Il est beaucoup plus gros toutefois, et il est beige et gris (contrairement au moustique tigre qui est clairement noir et blanc).
  • Aedes geniculatus, en Europe et en Afrique, a également des écailles blanches très contrastées.
  • Aedes cretinus, que l’on ne trouve que dans le triangle Grèce/Chypre/Turquie.
  • De nombreux Stegomyias, en Asie, peuvent être confondus avec le moustique tigre et exigent un œil averti pour faire la distinction sans microscope : Aedes scutellaris, Aedes pseudoalbopictus, Aedes seatoi…
  • Tous les moustiques « Aedes » sont potentiellement porteurs du virus Zika et de la Dengue.

Aedes Albopictus / Aedes Aegypti

On a tendance à appeler moustique tigre à la fois l’Aedes Albopictus et l’Aedes Aegypti. Tous deux sont très proches, tous deux se ressemblent énormément (à ceci près que l’Aegypti a une sorte de lyre dessinée sur le thorax) et tous deux sont vecteurs de maladies.


Identifier moustique tigre

À gauche : Aedes Aegypti, à droite : Aedes Albopictus

Toutefois l’Aedes Albopictus est une espèce plus invasive.
Même si le nombre des victimes de l’Aedes Aegypti est plus important.

Les maladies transmises par le moustique tigre

Le moustique tigre de la famille des Aedes a été identifié comme vecteur de maladies et virus transmissibles (arbovirus), dont les trois principaux sont les suivants :

  • La Dengue
  • le chikungunya
  • le virus zika

Éruption cutanée avec ou sans fièvre, fatigue, douleurs musculaires et articulaires, conjonctivite, maux de tête et douleurs rétro-orbitaires sont les symptômes d'une contamination par moustique tigre Zika.

Des complications peuvent apparaître : syndrome de Guillain-Barré et des cas de microcéphalies fœtales ou néonatales.

Une transmission par voie sexuelle est possible dans de rares cas.

Pour ces 3 maladies du moustique tigre, il n’existe pas de traitement antiviral spécifique ni de vaccin. On procède à un traitement des symptômes : fièvre et douleurs. Après guérison, le patient est considéré immunisé.

Si dans les territoires ayant accès à des soins rapides et de qualité ces maladies sont le plus souvent bénignes, elles peuvent être graves pour des personnes particulièrement vulnérables (jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées, personnes atteintes de pathologies) ou n’ayant pas accès aux soins

La médecine vétérinaire pointe également du doigt le moustique tigre, qui est porteur d’un ver du cœur dangereux pour les chiens et les chats.

épidémie moustique tigre
question

Une épidémie de Chikungunya est-elle possible en métropole ?


Il faut savoir que 80 % des malades ne présentent pas de symptôme apparent. Des analyses de sang sont alors prescrites pour confirmer ou infirmer le diagnostic.


Ces virus sont endémiques dans les régions subtropicales du monde y compris dans les départements français d’outre-mer. Leur déclaration est obligatoire. 


Dans le doute, protégez-vous des moustiques également à votre retour, afin de ne pas importer avec vous le virus !


Depuis 2010, 3 cas autochtones de dengue et deux de Chikungunya ont été signalés dans le sud de la France (pour parler d’épidémie, il faudrait en France 300 à 500 malades dans plus de 15 départements.)

Le moustique tigre à la conquête du Monde

Depuis 1960, le moustique a conquis l’Europe, les Amériques, les Caraïbes, l’Afrique et le Moyen-Orient. Il est entré au sommet de la liste des insectes les plus invasifs au niveau mondial en 2008, devant la fourmi folle jaune, le capricorne asiatique, l’aleurode du tabac, la teigne du marronnier, la mouche à fruit, le puceron du cyprès, la termite de Formos, la coccinelle asiatique, le doryphore de la pomme de terre, la fourmi d’Argentine, le bombyx disparate, la fourmi de feu ou encore la guêpe commune.

carte moustique tigre

Qu'est-ce qu'une Espèce Exotique Envahissante ?

Espèce exogène (qui vient de l’extérieur) introduite, par erreur ou volontairement, dans un écosystème et qui devient nuisible à la biodiversité autochtone des écosystèmes.


On parle également d’un néozoaire lorsqu’il s’agit d’un animal.


Leur contribution à la diffusion de pathogène et de maladies émergentes est largement incriminée.


À l’heure actuelle, on estime que les insectes envahissants coûtent plus de 70 milliards d’euros par an dans le monde, dont 12 milliards en Europe.


Les espèces envahissantes introduites par bateau (avec les eaux de ballast ou dans la coque),  trains, camions, avions et voitures sont de plus en plus nombreuses.


En juillet 2016, l'Europe a publié une liste des EEE (Espèces Exotiques Envahissantes) de 12 000 plantes, animaux, champignons ou micro-organismes installés sur le territoire européen sans en être originaires, considérées comme des menaces émergentes graves pour la biodiversité, la santé publique et l’économie.



À méditer :
Selon Curtis Marean au vu des définitions habituelles de l’invasivité écologique, "Homo sapiens est la seule espèce humaine à avoir colonisé la planète entière en moins de 100 000 ans. Ce qui en fait  la plus invasive des espèces".

  • En Europe, on a remarqué les premiers moustiques tigres en Albanie en 1979, provenant d’une importation de marchandises provenant de Chine.
  • En Italie ce serait un transport de pneus qui aurait été à l’origine de son arrivée au début des années 1990.
  • On les a repérés en France, dans le sud du pays, pour la première fois en 1999. Vinrent ensuite la Belgique, le Montenegro, la Suisse, la Grèce, l’Espagne, la Croatie, les Pays-Bas, la Slovénie, la Bosnie Herzégovine, l’Allemagne, puis en 2016 la Grande-Bretagne qui situe le point d’arrivée proche de la sortie du Tunnel sous la Manche.
  • Aux États-Unis on a repéré le moustique tigre en 1983 dans le Tennessee, puis sur la côte Est. Il a fallu attendre les années 2000 pour qu’il rejoigne la Côte Ouest et la Californie. En 20 ans, l'invasion du moustique tigre a gagné plus de 40 états des États-Unis.
  • L’Amérique du Sud a connu une colonisation semblable : Brésil en 1986, Argentine et Mexique en 1988, République dominicaine en 1993, Bolivie, Cuba, Honduras et Guatemala en 1995, puis Paraguay, Panama, Uruguay, Nicaragua.
  • Le premier moustique tigre en Afrique est apparu dans le sud du continent en 1990. En 2006 il avait atteint le Gabon.
  • Le Moyen-Orient a recensé les premiers spécimens au Liban, en Syrie et en Israël en 2003.

Cas particulier sur la carte du moustique tigre : le moustique tigre, bien qu’ayant été introduit là-bas à plusieurs reprises, a toujours eu des difficultés à s’installer en Australie et en Nouvelle Zélande. Ceci s’explique sans doute par la politique de surveillance entomologique étroite menée par ces pays dans les ports et aéroports.

Présence en France

Bref récapitulatif des nids de moustiques tigres trouvés sur notre bon vieux territoire :

  • Une population d’Aedes Albopictus a été mise en évidence dans le sud-est de la France en 2004 à Menton. 
  • En 2014, l’espèce a colonisé la quasi-totalité des départements du Sud, y compris la Corse. Elle est ensuite remontée le long de la Garonne, de l'Isère, de la Gironde, de la Loire et du Rhône. 
  • En 2015, le moustique tigre s’est implanté dans l’Ain, le Bas-Rhin, la Dordogne, les Landes, le Lot, Les Pyrénées-Atlantique, le Tarn-et-Garonne, le Tarn, le Val-de-Marne ainsi qu’en Vendée.
  • L’espèce s’est ensuite installée dans l’Aveyron, le Gers et le Haut-Rhin en 2016, et dans l’Aisne, l’Ariège, la Corrèze, les Hautes-Alpes, les Hauts-de-Seine, les Hautes-Pyrénées, l’Indre, la Lozère et le Maine-et-Loire en 2017.

À l’heure actuelle, de nombreux départements sont en « vigilance rouge » (moustique tigre implanté et actif). 


Un arrêté paru au Journal officiel le 30 novembre 2018 élargit la liste des départements où les moustiques constituent une menace pour la santé publique. Les départements concernés en 2019 sont :


  • Ain
  • Aisne
  • Alpes-de-Haute-Provence
  • Alpes-Maritimes
  • Ardèche
  • Ariège
  • Aude
  • Aveyron
  • Bas-Rhin
  • Bouches-du-Rhône
  • Charente-Maritime
  • Corrèze
  • Côte-d’Or
  • Dordogne
  • Drôme
  • Essonne
  • Gard
  • Gers
  • Gironde
  • Haut-Rhin
  • Haute-Garonne
  • Hautes-Alpes
  • Hautes-Pyrénées
  • Indre
  • Isère
  • Landes
  • Loire
  • Lot
  • Lot-et-Garonne
  • Lozère
  • Maine-et-Loire
  • Nièvre
  • Paris
  • Puy-de-Dôme
  • Pyrénées-Atlantiques
  • Pyrénées-Orientales
  • Rhône
  • Saône-et-Loire
  • Savoie
  • Seine-et-Marne
  • Seine-Saint-Denis
  • Tarn
  • Tarn-et-Garonne
  • Val-de-Marne
  • Var
  • Vaucluse
  • Vendée
carte france moustique tigre 2019

Face au risque sanitaire, le gouvernement a mis en place un « Plan National anti-dissémination de la dengue et du chikungunya ».

Ce plan passe par :

  • la sensibilisation des professionnels de santé
  • la surveillance : la vigilance et le suivi des colonies de moustiques tigres sont à ce jour la mesure préventive la plus efficace. 
  • la déclaration des cas suspects : toute personne atteinte d’une maladie transmise par ce moustique doit faire l’objet d’un signalement aux autorités de santé par le médecin ou le laboratoire d’analyse.
  • la désinsectisation localisée autour des cas avérés ou on piège le moustique tigre
  • la communication à destination des populations
question

Que faire si je trouve un moustique tigre ?


  1. Le prendre en photo avec une résolution permettant l'identification du moustique tigre, ou le capturer.
  2. Transmettre l’information aux autorités sanitaires de votre région et signaler la présence du moustique tigre. Sites d'alerte moustique tigre 2019 :
    Portail de signalement du moustique tigre de l'ANSES
    Portail du CNEV
  3. Consulter un médecin en cas de piqûre accompagnée de symptômes. Le gonflement de la piqûre de moustique tigre en fait partie.

Faut-il avoir peur de cet insecte ?

Nous voici donc face à une série d’informations pour le moins inquiétantes au sujet du dangereux moustique tigre. Mais il faut faire preuve d’une certaine objectivité. Les médias ayant parfois tendance à transformer l’information de précaution en alarme. L'image du moustique tigre dépasse sans doute la réalité.

Tout d’abord, en France où on a accès à des soins de qualité, les arbovirus en questions restent assez bénins, sauf dans de rares cas relatifs à des personnes fragiles, femmes enceintes ou enfants.

En cas de présence de symptômes inquiétants, votre médecin vous enverra faire une prise de soin et si elle s’avère positive, vous serez traité rapidement et guéri en quelques jours. Puis immunisé à vie.

Mais un virus reste toujours une menace, et il vaut mieux adopter une attitude prudente, en se protégeant et en protégeant les plus fragiles de toutes les piqûres (n’oublions pas les tiques, les puces et les guêpes) qui sont potentiellement dangereuses, à commencer en raison des risques d’allergies (parfois plus graves que de contracter un virus).

Ensuite, le recul et la prudence qui s’imposent sont ceux d’un regard entomologique et écologique sur le monde dans lequel nous vivons.  

À vouloir absolument éradiquer le moustique, on se retrouve actuellement dans une situation ou les abeilles ont pratiquement disparu et ou un tiers des espèces d’insectes dans le monde sont en danger critique d’extinction, et en grosse partie de notre faute. L’usage des pesticides est une vraie question et nous pourrions faire plus de mal à notre propre espèce que de bien avec ce genre de mesure.

Notre monde a tendance à basculer dans l’entomophobie (peur irraisonnée des insectes). Tout ce qui vole et rampe n’est pas nécessairement mauvais ou dangereux. La nocivité des principales molécules anti moustiques n’est évaluée que depuis peu. Et des espèces aussi adaptées pour l’évolution que le moustique tigre pourraient développer des résistances plus solides que les nôtres au DEET, à l’IR3535 ou à l’Icaridine.

Selon l’ANSES les biocides (dont font partie les pesticides) sont neurotoxiques pour les humains. Et faute d’éliminer certaines espèces, ils pourraient les renforcer ! Voire remplacer nos espèces de moustiques locales et inoffensives et se substituer à elles, faute de concurrence !

Tuer les adultes sans éliminer les larves ne sert à rien, si ce n’est à polluer la nature. La lutte anti­larvaire est la méthode la plus rationnelle.

Et changer nos habitudes pour ne plus inviter le moustique tigre à partager notre biotope en ayant de mauvais réflexes serait une autre bonne façon de lutter contre cette ennuyeuse créature.

Sur ses pages, l’Institut Pasteur résume ainsi la situation : il faut bien distinguer le moustique et les virus qu’il pourrait transmettre. L’expansion du facteur de risque ne veut pas forcément dire qu’il y aura une épidémie. Les symptômes et les complications existent, mais il faut relativiser : le taux de mortalité des arbovirus n’est que de 0,000 05 % des cas recensés de contamination.

Se méfier ? Oui, absolument. Observer et étudier ? Plus que jamais.
Mais se protéger et contrôler l’expansion sont certainement des mesures pour le moment plus sage que de viser l’élimination à tout prix.

Les 10 espèces animales les plus dangereuses pour l'homme

  • Numéro 10 : la méduse 
    La plus dangereuse est la cuboméduses d’Australie, dont les tentacules urticants peuvent atteindre 3 mètres !
    100 morts par an
  • Numéro 9 : le frelon
    La piqûre du frelon n’est pas en soi mortelle, mais les complications vasculaires faisant suite à une allergie ou un œdeme de Quincke intervenant après une piqûre de frelon sont plus nombreuses
    400 morts par an
  • Numéro 8 : l’hippopotame
    3 tonnes qui forcent le respect lors d’une charge. Malgré on embonpoint l’hippopotame court également très vite sur terre, surtout lorsqu’il s’agit de défendre son territoire
    500 morts par an
  • Numéro 7 : le tigre
    C’est surtout en Inde ou au Bangladesh que ce redoutable prédateur trouve ses victimes. La déforestation et l’extension des zones de cultures permettent des rencontres de plus en plus courantes. 
    800 morts par an
  • Numéro 6 : le crocodile
    Ce chasseur opportuniste fait des ravages en Afrique
    2000 morts par an
  • Numéro 5 : le ténia
    Le ver solitaire se développe dans le système digestif, jusqu’à mesurer plusieurs mètres.
    2000 morts par an
  • Numéro 4 : la mouche tsé-tsé
    Elle transmet des maladies neurologiques, dont la maladie du sommeil.
    10 000 morts par an
  • Numéros 3 ex aequo : le serpent et l’escargot d’eau douce
    Il existe des centaines d’espèces de serpents venimeux dans le monde, notamment le cobra royal et le Taïpan du désert. L’escargot d’eau douce transmet la bilharziose, une maladie persistante en Afrique.
    100 000 morts par an
  • Numéro 2 : le réduve 
    Cet insecte minuscule transmet la maladie de Chagas (aussi appelée trypanosomiase américaine). 
    300 000 morts par an

Numéro 1 : le moustique

Toutes espèces confondues. Vecteur principal d'arbovirus et de complications, mais aussi déclencheurs d'allergies. 


725 000 morts par an !

Lutter et se protéger contre le moustique tigre

Depuis plus de 20 ans, différentes initiatives ont cherché le moyen d’enrayer si ce n’est d’éradiquer le moustique tigre.

Lutte chimique, bactéries, manipulations génétiques, implémentation artificielle de prédateurs naturels…

Au final, la seule façon de contrôler la population de moustiques tigres consiste à détruire leurs œufs pour ralentir leur progression.

lutte moustique tigre

À noter que les compagnies de fret et de transport de personnes ou de marchandise ont également une responsabilité : veiller à décontaminer les marchandises et cabines de passagers.

Quels gestes pour se protéger du moustique ? 

  • 1
    Changez l’eau et nettoyez à la brosse l’intérieur des récipients pouvant contenir de l’eau (réservoirs d’eau de pluie, bassins, etc.) une fois par semaine.
  • 2
    Recouvrez les réservoirs d’eau avec un couvercle hermétique ou une moustiquaire.
  • 3
    Remplacez l’eau des coupelles des pots de fleurs par du sable humide.
  • 4
    Encouragez les libellules à s’installer dans votre jardin.
  • 5
    Vérifiez le bon écoulement des eaux de pluie et des eaux usées et nettoyez régulièrement gouttières, regards, caniveaux...
  • 6
    Débroussaillez les herbes hautes et les haies.
  • 7
    Ramassez les fruits tombés au sol.
  • 8
    Arrosez raisonnablement.
  • 9
    Déracinez les souches creuses.
  • 10
    Retournez les seaux et récipients du jardin ou mettez-les à l’abri de la pluie.
  • 11
    Ne jetez pas dans la nature de reste de repas.
  • 12
    N’abandonnez pas derrière vous de canettes de jus de fruits ou trognons de fruits.
  • 13
    Fermez vos poubelles hermétiquement

Il existe donc 3 axes principaux de lutte contre le moustique tigre :

1

Ne pas leur offrir de zone de ponte et changer nos mauvaises habitudes

Éliminer complètement tout risque d’eau stagnante de plus de 30 ml : pneus, abreuvoirs, bassins, seaux et réservoirs d’eau, gouttières, drainages ouverts, nids de poule dans la route, coupelles de pots de fleurs, vases, ou tout ce qui pourrait contenir de l’eau dans nos zones habitées. 

2

Tuer les œufs avec des biocides naturels sans danger pour les autres espèces

Ovitrap
  • Les ovitrap (pièges naturels) ou encore le BT (Bacillus Thuringiensis), un bactéricide naturel sous forme de bacille aérobique présentent des résultats intéressants.
  • Si vous avez un bassin naturel d’agrément : introduisez des poissons et libellules qui se nourriront des larves. Les prédateurs du moustique tigre sont les mêmes que ceux du moustique commun, mais leur plus petite taille les rend encore plus vulnérables aux autres insectes.
  • Traitez l’eau de votre piscine avec des produits naturels ou bactéricides.

3

Adopter un comportement responsable lorsque nous voyageons pour empêcher la propagation des arbovirus : se protéger et ne pas se faire piquer !

  • Appliquez sur votre peau des produits antimoustiques la journée et la nuit ou protégez-vous au moins la nuit sous une moustiquaire.
  • Aménagez votre habitat (moustiquaires aux fenêtres…)
  • Portez des vêtements couvrants et amples et utilisez des répulsifs à moustique tigre.
  • Consultez rapidement un médecin si vous remarquez des symptômes inhabituels à votre retour d’une zone tropicale.
  • Dans la mesure du possible, évitez de voyager à destination des zones à risque moustique tigre ,ou tropicales, si vous êtes enceinte ou accompagné de très jeunes enfants.
  • Protégez également vos animaux domestiques avec un anti moustique tigre ou une huile essentielle anti moustique tigre.

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Le moustique tigre : identification, piqûre, traitement, prévention
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