Moustique tigre : soyez vigilant lisez ceci

Son petit nom est aedes albopictus. Aedes signifie "déplaisant" en latin et on peut dire que cette dénomination lui va à merveille. On l’a surnommé moustique tigre en raison de son origine asiatique et de ses rayures noires et blanches caractéristiques. Ce sont en réalité des anneaux, mais à l’œil nu difficile de faire la différence.

Il est présent aujourd'hui dans de nombreux départements français et continue sa progression. Sa piqûre est bénigne, à condition qu'il ne soit pas porteur des virus dont il est le vecteur. C'est ce qui fait sa réputation négative de nuisible dangereux.

le moustique tigre

Dans ce guide, nous vous expliquons tout ce que vous devez savoir sur cet insecte, comment se protéger, quelles solutions pour la démoustication, les techniques pour lutter contre sa prolifération, sa présence sur notre territoire et ailleurs... Et bien d'autres points importants.

Pourquoi le moustique tigre est dangereux ?


Une propagation très rapide

Ce moustique est originaire des forêts tropicales de l’Asie du Sud-Est. En 20 ans, avec les flux de personnes et de marchandises en provenance de cette région vers le reste du monde, ce moustique a littéralement conquis les deux hémisphères de la planète. On le connaît également sous le nom de moustique forestier ou moustique asiatique.

Désormais implanté bien loin de chez lui, le moustique tigre a connu en deux décennies une extension de son territoire sans nulle autre pareille. Ce ne serait pas si grave s'il n'y avait pas de réels dangers associés à la piqûre du moustique tigre.

Il a été identifié pour la première fois par des entomologistes en 1894, qui l’ont classé comme une sous-branche des Stegomyias. Mais l’espèce a depuis pris une telle importance et connu une telle croissance que les moustiques tigres ont désormais leur propre branche (Aedes) dans la famille des diptères.

L'insecte moustique tigre n’est plus simplement une menace lointaine. Il ne cesse de proliférer et d’agrandir son territoire et il est sur le point de devenir domestique en Europe.

Qu'est-ce qu'une Espèce Exotique Envahissante ?

C'est une espèce exogène (qui vient de l’extérieur) introduite, par erreur ou volontairement, dans un écosystème et qui devient nuisible à la biodiversité autochtone des écosystèmes. On parle également d’un néozoaire lorsqu’il s’agit d’un animal.


Leur contribution à la diffusion de pathogène et de maladies émergentes est largement incriminée. À l’heure actuelle, on estime que les insectes envahissants coûtent plus de 70 milliards d’euros par an dans le monde, dont 12 milliards en Europe.


Les espèces envahissantes introduites par bateau (avec les eaux de ballast ou dans la coque), trains, camions, avions et voitures sont de plus en plus nombreuses.


En juillet 2016, l'Europe a publié une liste des EEE (Espèces Exotiques Envahissantes) de 12 000 plantes, animaux, champignons ou micro-organismes installés sur le territoire européen sans en être originaires, considérées comme des menaces émergentes graves pour la biodiversité, la santé publique et l’économie.

Une capacité à s'adapter

À la grande différence des autres espèces de moustiques, le moustique tigre n’a pas besoin (ou très peu) de zones humides et de points d’eau pour se sentir chez lui. 30 ml lui suffisent à pondre ses œufs.

Si les moustiques communs préfèrent s’installer au calme loin des activités humaines et pondre dans des zones désertiques, ce n’est pas le cas du moustique tigre. Il s’accommode très bien des zones occupées, des villes et de la présence des hommes. Cela se ressent dans son comportement : si vous chassez un moustique commun, il sera beaucoup plus effarouché qu’un aedes.

Une autre importante spécificité : il a démontré sa capacité incroyable à s’adapter à tous les climats, y compris les régions plus froides et tempérées. Il est en effet capable de se mettre en hibernation lorsque la température descend trop bas. Fait exceptionnel, ses larves et ses œufs sont également capables d’hiberner et de mettre leur croissance en pause pour n’éclore que lorsque la température devient plus douce.

Les scientifiques ont remarqué que les œufs de moustiques tigres pondus dans les zones tempérées supportaient de mieux en mieux le climat des régions froides au stade adulte, et n’avaient même plus ce besoin d’hiberner ! C’est la seule espèce de moustique capable de survivre à des températures en dessous de zéro.

Mutation génétique du moustique tigre

L’exemple des bactéries Wolbachias est particulièrement fascinant et illustre à merveille les impressionnantes capacités d’adaptation de l'insecte.

L'insecte est en effet porteur de l’infection bactérienne des Wolbachias qui touche à ce jour 60 % des arthropodes (insectes, araignées, crustacés et autres animaux dotés de plus de 2 paires de pattes).

Mais si, sur les autres espèces, ces bactéries s’avèrent fatales pour le porteur (et accessoirement peuvent engendrer des cas d’éléphantiasis chez les humains), on a remarqué que les femelles moustiques tigres porteuses de Wolbachias produisent davantage d’œufs et vivent plus longtemps que les autres femelles !

Ainsi, seules les femelles infectées peuvent se reproduire. Au point que, à long terme, on peut supposer que l’ensemble des aedes sera porteur de Wolbachias, ce qui pourrait conduire à un changement naturel du génome ou une mutation.

En biologie on parle d’une relation synergique : ce sont deux espaces capables de tirer profit l’une de l’autre et d’évoluer de concert.

Une domination sur les autres espèces

Le phénomène d’adaptation de l’espèce du moustique tigre est particulièrement significatif. Par exemple, on a remarqué que là où l'insecte s’installe, il est capable de dominer, puis de remplacer complètement les autres espèces de moustiques présentes avant lui.

Dans les années 60, en Asie, pour lutter contre la fièvre jaune, on a bombardé des régions entières de DDT : les populations de moustiques de ces régions ont complètement disparu. 

À ceci près que les zones traitées étaient des zones éloignées des villes. C’est là toute la supériorité du moustique tigre, qui se plaît en présence et sur le périmètre des humains, contrairement aux autres moustiques.

Les moustiques tigres ont donc remplacé les autres moustiques dans ces régions et sont devenus domestiques. D’autres cas de remplacements d’une population de moustiques communs par une population de moustiques tigres se sont déjà présentés, s’expliquant par la ténacité des larves du moustique tigre, un métabolisme légèrement différent, un système reproducteur sensiblement plus performant, etc.

En Europe, on n’a pas encore identifié d’espèce de moustique autochtone qui pourrait représenter une menace et entrer en conflit de territoire.

image moustique tigre

Image d'un moustique tigre

Une résistance impressionnante

Outre le froid, les œufs de l'insecte résistent particulièrement bien au manque d’eau et à la dessiccation : ce qui leur permet de survivre à de longs trajets dans les transports de marchandises par exemple. N’étant pas capable de parcourir en vol de longues distances, il est particulièrement adapté au rôle de passager clandestin de tous le moyen de transport : bateau, avion, trains, etc.

Le moustique tigre vecteur de maladies

En raison de sa résistance impressionnante et d’une série de particularités métaboliques, l'insecte a été identifié à l’origine de la transmission de certains pathogènes. Depuis les années 2000, ces derniers se sont transformés en épidémies : Dengue, Chikungunya, Zika et autres parasites. Ces virus qui ont provoqué, dans certaines régions, des centaines de morts et des milliers de pathologies graves (dont les encéphalites).

Quelles sont les maladies transmises par le moustique tigre ?

Le moustique tigre est de la famille des Aedes qui a été identifié comme vecteur de nombreuses maladies et virus transmissibles (arbovirus)dont les trois principaux sont la dengue, le chikungunya et le virus Zika.

La dengue

Après une incubation de 5 à 7 jours, la dengue fait apparaitre une forte fièvre accompagnée de maux de tête, de courbatures intenses, de douleurs au niveau des globes oculaires et d’une fatigue générale et dans de rares cas d’hémorragies.

Le chikungunya

Après une incubation de 4 à 7 jours, apparition d’une forte fièvre accompagnée de maux de tête, de courbatures ou de douleurs articulaires intenses autour des poignets, des chevilles et des phalangeséruption cutanée et démangeaisons, notamment au niveau de la voûte plantaire. Des hémorragies bénignes peuvent se déclarer au niveau des gencives.

Le moustique tigre est en particulier identifié comme étant le premier responsable des épidémies de Chikungunya à la Réunion et dans tes DOM-TOM en 2005-2006, 2009-2010 et 2014. Il est également à l’origine des seuls et uniques cas à ce jour de Chikungunya en Europe, en Italie près de Ravenne en 2007, ou il fit 200 morts.

  • Guyane : 881 cas recensés
  • Guadeloupe : 69 740 cas recensés
  • Martinique : 52 560 cas recensés
  • Saint-Martin : 3 760 cas recensés
  • Saint-Barthélémy : 800 cas recensés
  • Polynésie française : 18 352 cas recensés

Le virus Zika

Éruption cutanée avec ou sans fièvre, fatiguedouleurs musculaires et articulairesconjonctivite, maux de tête et douleurs rétro-orbitaires sont les symptômes d'une contamination par le moustique tigre et le virus Zika.

Des complications peuvent apparaître : syndrome de Guillain-Barré et des cas de microcéphalies fœtales ou néonatales.

Une transmission par voie sexuelle est possible dans de rares cas.

Les maladies transmises aux animaux

La médecine vétérinaire pointe également du doigt l'aedes, qui est porteur d’un ver du cœur dangereux pour les chiens et les chats.

Les traitements possibles

Pour ces 3 maladies du moustique tigre, il n’existe pas de traitement antiviral spécifique ni de vaccin. On procède à un traitement des symptômes : fièvre et douleurs. Après guérison, le patient est considéré immunisé.

Si dans les territoires ayant accès à des soins rapides et de qualité ces maladies sont le plus souvent bénignes, elles peuvent être graves pour des personnes particulièrement vulnérables (jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées, personnes atteintes de pathologies) ou n’ayant pas accès aux soins.

Un vaccin anti moustique ?

Même si ce serait la solution idéale, un vaccin antimoustique ne peut pas exister. C’est une chimère pour plusieurs raisons.

  • D’abord parce qu’il existe près de 4000 espèces de moustiques (sans compter les phlébotomes et autres insectes piqueurs ou hématophages), et qu’il faudrait 4000 vaccins différents.
  • Ensuite parce que ce n’est pas le moustique en soi qui pose problème, mais les pathogènes qu’il transmet. Et ceux-ci sont multiples : Dengue, Paludisme, Chikungunya, Zika… C’est donc plutôt sur ces pathogènes individuellement qu’il conviendrait de se vacciner. Dans ces pathogènes coexistent des parasites et des arbovirus, qui ne sont pas du tout la même forme de menace.

Il faudrait donc un vaccin contre les 4000 espèces, contre les dizaines d’arbovirus, des centaines de filarioses et parasites et un vaccin allergie moustique. Le tout en un seul produit ? Impossible.

Le moustique tigre transmet-il le coronavirus ?

Les questions se multiplient sur le rapport entre les moustiques et le coronavirus... Le coronavirus peut-il s’attraper par un moustique ? Le moustique peut-il transmettre la Covid-19 ? La maladie peut-elle se transmettre via les piqûres de moustique ? Devant les inquiétudes, les scientifiques ont fini par prendre position : la réponse est clairement non. 

coronavirus moustique

Le message de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : "FAIT: Le nouveau coronavirus NE PEUT PAS être transmis par les morsures de moustiques".

Les réponses scientifiques sont unanimes :

  • les virus sont généralement associés à une unique espèce
  • toutefois, on sait que le coronavirus (comme d’autres zoonoses) a trouvé des portes d'entrée entre les humains et certaines espèces
  • le SARS-CoV2 a bien infecté plusieurs espèces, mais uniquement des mammifères

Un moustique pourrait-il transmettre le coronavirus d’une personne infectée à une personne saine ?

Il faudrait que le coronavirus survive à la digestion par l’organisme du moustique, infecte ensuite les cellules du moustique, puis atteigne ses glandes salivaires et s’y reproduise. Là seulement, il pourrait être transmis par morsure. Les virus (dengue, Zika, malaria…) qui ont réussi cette performance ont mis des centaines de millions d’années de cycles de morsures et transmissions croisées. Contrairement à de nombreuses maladies trop récentes qui n’ont pas réussi cette évolution (HIV par exemple).

Si une personne atteinte par le coronavirus éternue sur un moustique ?

Dans ce cas, c’est l’anatomie même du moustique qui ferait barrière (des organes hydrophobes et des ouvertures respiratoires infiniment petites). Mais admettons. Dans ce cas, nous expliquent les entomologistes, les cellules respiratoires du moustique ne pourraient tout simplement pas être infectées !

Et si un moustique se pose sur des gouttelettes venant d'une personne infectée puis sur une personne saine ?

Les infectiologues de l’Institut Pasteur expliquent que « les mouches, et les insectes en général, ne vont pas spécifiquement sur les yeux, le nez ou la bouche. Ils n’entrent pas en contact avec les muqueuses, le lieu de la contamination par le coronavirus. »
On sait ensuite que ce qui fait la contamination, c’est ce qu’on appelle la charge virale (la quantité de virus contenu dans la gouttelette) qui fait la contagiosité. Elle est très importante entre humains. Mais dans le cas des insectes volants et compte tenu de leur taille, la charge virale serait bien trop faible pour être contaminante.

À ce jour, il n’existe aucune information ni aucun élément de preuve laissant penser que la Covid-19 pourrait être transmise par les moustiques.

Le moustique tigre dans le monde : les pays à risque 

Depuis 1960, l'insecte a conquis l’Europe, les Amériques, les Caraïbes, l’Afrique et le Moyen-Orient. Il est entré au sommet de la liste des insectes les plus invasifs au niveau mondial en 2008, devant la fourmi folle jaune, le capricorne asiatique, l’aleurode du tabac, la teigne du marronnier, la mouche à fruit, le puceron du cyprès, la termite de Formos, la coccinelle asiatique, le doryphore de la pomme de terre, la fourmi d’Argentine, le bombyx disparate, la fourmi de feu ou encore la guêpe commune.

carte moustique tigre
  • En Europe, on a remarqué les premiers moustiques tigres en Albanie en 1979, provenant d’une importation de marchandises provenant de Chine.
  • En Italie, ce serait un transport de pneus qui aurait été à l’origine de son arrivée au début des années 1990.
  • On les a repérés en France, dans le sud du pays, pour la première fois en 1999. Vinrent ensuite la Belgique, le Montenegro, la Suisse, la Grèce, l’Espagne, la Croatie, les Pays-Bas, la Slovénie, la Bosnie Herzégovine, l’Allemagne, puis en 2016 la Grande-Bretagne qui situe le point d’arrivée proche de la sortie du Tunnel sous la Manche.
  • Aux États-Unis on l'a repéré en 1983 dans le Tennessee, puis sur la côte Est. Il a fallu attendre les années 2000 pour qu’il rejoigne la Côte Ouest et la Californie. En 20 ans, l'invasion du moustique tigre a gagné plus de 40 états des États-Unis.
  • L’Amérique du Sud a connu une colonisation semblable : Brésil en 1986, Argentine et Mexique en 1988, République dominicaine en 1993, Bolivie, Cuba, Honduras et Guatemala en 1995, puis Paraguay, Panama, Uruguay, Nicaragua.
  • Le premier moustique tigre en Afrique est apparu dans le sud du continent en 1990. En 2006 il avait atteint le Gabon.
  • Le Moyen-Orient a recensé les premiers spécimens au Liban, en Syrie et en Israël en 2003.

Cas particulier sur la carte du moustique tigre : bien qu’ayant été introduit là-bas à plusieurs reprises, a toujours eu des difficultés à s’installer en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ceci s’explique sans doute par la politique de surveillance entomologique étroite menée par ces pays dans les ports et aéroports.

Carte monde du virus Zika

carte virus zika

Source : Buzzarena d'après l'OMS et le Ministère de la Santé

Carte monde du Chikungunya

carte monde du Chikungunya

Source : CDC - Centers for Disease Control and prevention

Carte monde de la dengue

carte dengue dans le monde

Source : InsectEcran d'après des données de l'InVS

Cartes des zones à risque de maladies transmises

Les arbovirus, c’est-à-dire les maladies transmises par les moustiques, dépendent du cycle de vie des moustiques, de leurs zones endémiques, de leurs déplacements et des soins de santé accessibles sur place aux populations locales. Suivre leur évolution est le fruit d'une science conjuguée de l’épidémiologie et de l’entomologie. C’est pourquoi les cartes sont fluctuantes.

Pour suivre en direct et en temps réel les cartes de maladies et les cartes de moustiques, plusieurs possibilités :

Liste départements les plus touchés en France

  • Une population d’Aedes Albopictus a été mise en évidence dans le sud-est de la France en 2004 à Menton. 
  • En 2014, l’espèce a colonisé la quasi-totalité des départements du Sud, y compris la Corse. Elle est ensuite remontée le long de la Garonne, de l'Isère, de la Gironde, de la Loire et du Rhône. 
  • En 2015, il s’est implanté dans l’Ain, le Bas-Rhin, la Dordogne, les Landes, le Lot, Les Pyrénées-Atlantique, le Tarn-et-Garonne, le Tarn, le Val-de-Marne ainsi qu’en Vendée.
  • L’espèce s’est ensuite installée dans l’Aveyron, le Gers et le Haut-Rhin en 2016, et dans l’Aisne, l’Ariège, la Corrèze, les Hautes-Alpes, les Hauts-de-Seine, les Hautes-Pyrénées, l’Indre, la Lozère et le Maine-et-Loire en 2017.
  • Le moustique tigre continue sa prolifération. En 2018, il avait envahi 42 départements. En 2019, 51 départements étaient touchés.

Fin 2020, le moustique a déjà colonisé 64 départements français sur 96 départements de Métropole. Ces départements sont en « vigilance rouge » (moustique tigre implanté et actif).


Carte de présence des moustiques en France

Carte France colonisation moustique tigre

Face au risque sanitaire, le gouvernement a mis en place un « Plan National anti-dissémination de la dengue et du chikungunya ».

Ce plan passe par :

  • la sensibilisation des professionnels de santé
  • la surveillance : la vigilance et le suivi des colonies de moustiques tigres sont à ce jour la mesure préventive la plus efficace. 
  • la déclaration des cas suspects : toute personne atteinte d’une maladie transmise par ce moustique doit faire l’objet d’un signalement aux autorités de santé par le médecin ou le laboratoire d’analyse.
  • la désinsectisation localisée autour des cas avérés ou on piège le moustique tigre
  • la communication à destination des populations

Carte département population exposée par moustique tigre en France

Carte de la population française exposée au moustique tigre

Pour suivre l’implantation du moustique tigre en FRANCE

En EUROPE

Dans le MONDE

Carte des communes colonisées en France

Cartes des communes françaises colonisées par le moustique tigre

Une épidémie de Chikungunya est-elle possible en métropole ?

Il faut savoir que 80 % des malades ne présentent pas de symptôme apparent. Des analyses de sang sont alors prescrites pour confirmer ou infirmer le diagnostic.

Ces virus sont endémiques dans les régions subtropicales du monde y compris dans les départements français d’outre-mer. Leur déclaration est obligatoire. Dans le doute, protégez-vous également à votre retour, afin de ne pas importer avec vous le virus !

Chaque année, environ une centaine de cas de dengue ou de Chikungunya sont déclarés en France. La très grande majorité sont des personnes qui ont été contaminées dans des zones à risque, en dehors de la métropole.

Depuis 2010, 3 cas autochtones de dengue et deux de Chikungunya ont été signalés dans le sud de la France (pour parler d’épidémie, il faudrait en France 300 à 500 malades dans plus de 15 départements).

Comment reconnaître le moustique tigre ?

Face à un moustique, il est assez facile de savoir s'il s'agit d'un moustique tigre. Voici les principales différences entre moustique et moustique tigre (le moustique commun Anopheles et le Aedes).

Moustique tigre vs moustique commun

aedes

Photo d'un moustique tigre

Anopheles

Photo d'un moustique commun

Le moustique tigre (Aedes) tient son sobriquet des rayures noires et blanches (un blanc vif) caractéristiques de ses pattes (« albo pictus » veut dire « peint en blanc »).
Une fine ligne blanche d’écailles parcourt la ligne médiane entre ses yeux et continue jusqu’au thorax. Seuls les moustiques de cette espèce sont dotés de ce trait distinctif.
Son corps est foncé et son thorax est noir. L’abdomen marque généralement des reflets argentés à blancs.

Le moustique commun (Anopheles) adopte diverses tailles et couleurs, mais il est généralement brun à gris/noir, sans motif sur le thorax.

Taille

2 à 8 mm (rare).

Plus petit qu'un moustique commun.

Plus la larve sera alimentée, plus le moustique tigre taille adulte sera grand. Les mâles font 3/4 de la taille des femelles.

Taille

3 à 15 mm, selon les centaines d'espèces.

Les mâles sont plus petits.

Vol

Hésitant et maladroit. Très courtes distances. Il est facile à écraser en vol du fait de son vol assez lent. Contrairement à une idée répandue, il n'est pas très silencieux.

Vol

De 1.6 à 2.4 km/h. Les moustiques les plus sportifs peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Pattes

La paire de pattes arrière est souvent relevée. Seules les 2 paires de pattes avant et centrales sont tigrées noir et blanc (ce sont en fait des anneaux blancs plutôt que des rayures). Plus le moustique vieillit, plus ses anneaux blancs et ses reflets argentés s’estompent.

Pattes

De la même couleur que le corps.

Ailes

Légèrement argentées. Elles laissent une sorte de poudre quand on les écrase, comme celles des papillons de nuit.

Ailes

Transparentes.

Alimentation

Nectar de fleurs et sang (pour les femelles).

Alimentation

Nectar de fleurs et sang (pour les femelles).

Femelles hématophages

Elles prélèvent environ 2 μl de sang à chaque morsure, mais auront tendance à mordre plusieurs fois leur hôte.

Les œufs du moustique tigre sont beaucoup plus voraces en protéines, les femelles se nourrissent plus souvent. Elles alternent plus souvent proies animales et humaines, ce qui fait d’elles un vecteur de maladies beaucoup plus efficace.

Femelles hématophages

Elles prélèvent environ 2 μl de sang à chaque morsure, mais préfèrent changer de proie d’une morsure à l’autre.

Repérage des proies

Grâce notamment à la chaleur, aux odeurs et aux émissions de dioxyde de carbone.

Repérage des proies

Grâce notamment à la chaleur, aux odeurs et aux émissions de dioxyde de carbone.

Heures de chasse

Le jour, en particulier matin et soir. Idéalement dans les zones boisées, mais s’est adapté aux zones peuplées.

Heures de chasse

La nuit ou au crépuscule uniquement.

Heures de repos

La nuit.

Heures de repos

Le jour.

Piqûre du moustique tigre

Indolore mais perceptible. On « sent » la piqûre du moustique tigre, comme si on vous touchait avec un brin de paille.

Symptôme du moustique tigre : le bouton de moustique tigre forme une sorte de cloque plate, de 5 mm à 2 cm de diamètre.

Il pique généralement bas : jambes, chevilles. Il n’aime pas la hauteur.

Piqûre du moustique commun

Indolore et imperceptible.

Le bouton est minuscule et ne gonfle qu’en cas d’allergie.

Il pique tous les endroits de la peau exposés.

Ponte

50 à 200 œufs par ponte.

Les femelles pondent près de points d’eau minuscules, pas forcément en contact avec l’eau, mais toujours à moins de 200 mètres de fleurs et pollens.
Elles préfèrent les eaux stagnantes mais les rivières, ruisseaux ou fleuves ne leur font pas peur. 30 ml d’eau suffisent largement.

Ponte

40 à 80 œufs par ponte.

Les femelles pondent sur l’eau, en contact avec celle-ci.

Habitat

Environnements urbains et péri urbain, forêts, jardins. Il adore les poubelles et tas de déchets et s’Adapte à toutes les circonstances. Il aime beaucoup les lieux de transit : ports, entrepôts, aires de repos sur les autoroutes, gares...

Le moustique tigre se déplace peu : de 50 à 200 m maximum tout au long de sa vie.

Habitat

À l’écart des activités, le plus proche possible de l’eau.

Produit recommandé par Anti-moustique.net

Différences entre Aedes Albopictus et Aedes Aegypti

On a tendance à appeler moustique tigre à la fois l’Aedes Albopictus et l’Aedes Aegypti. Tous deux sont très proches, tous deux se ressemblent énormément (à ceci près que l’Aegypti a une sorte de lyre dessinée sur le thorax) et tous deux sont vecteurs de maladies.


Identifier moustique tigre

À gauche : Aedes Aegypti, à droite : Aedes Albopictus

Toutefois, l’Aedes Albopictus est une espèce plus invasive. Même si le nombre des victimes de l’Aedes Aegypti est plus important.

Les autres espèces qui ressemblent au moustique tigre

Il existe d’autres espèces qui peuvent être confondues avec le moustique zebré pour qui n’a pas l’œil averti :

Ochlerotatus canadensis

Ochlerotatus canadensis

Culiseta annulata

Culiseta annulata

Aedes geniculatus

Aedes geniculatus

Aedes cretinus

Aedes cretinus

  • Ochlerotatus canadensis, en Amérique, qui porte des rayures similaires sur les pattes.
  • Culiseta annulata, en Europe, a également ce genre de dessin sur les pattes, mais pas la ligne blanche médiane. Il est beaucoup plus gros toutefois, et il est beige et gris (contrairement au moustique tigre qui est clairement noir et blanc).
  • Aedes geniculatus, en Europe et en Afrique, a également des écailles blanches très contrastées.
  • Aedes cretinus, que l’on ne trouve que dans le triangle Grèce/Chypre/Turquie.
  • De nombreux Stegomyias, en Asie, peuvent être confondus avec cet insecte et exigent un œil averti pour faire la distinction sans microscope : Aedes scutellaris, Aedes pseudoalbopictus, Aedes seatoi…
  • Tous les « Aedes » sont potentiellement porteurs du virus Zika et de la Dengue.

Pour reconnaître un moustique tigre facilement

Pour résumer : le moustique tigre se manifeste en journée, contrairement à la plupart des autres espèces de moustiques. Il est pourvu de rayures sur l'ensemble du corps. Il vole de façon un peu lourde et il est même facile à écraser. Il vole souvent autour des chevilles.

Il aime vivre dans les zones urbaines, dans les jardins de particuliers, surtout lorsqu'ils trouvent des eaux stagnantes dans des pots ou des fonds de récipients.

Il vit environ 1 mois. La femelle moustique tigre pond jusqu'à 200 œufs tous les 12 jours. Lorsque le moustique tigre a élu domicile dans un jardin, il est quasiment impossible à déloger.

Produit recommandé par Anti-moustique.net

Que faire en cas de piqûre de moustique tigre ?

Pour lutter contre l'infection, il faut désinfecter la piqûre moustique tigre dans un laps de temps très court, car la charge virale déposée par le moustique met 15 à 30 minutes pour se propager dans le sang.

  • Nous vous conseillons des antiseptiques à base d’alcool, plutôt que les produits à base d’huile.
  • Si vous n'avez aucun antiseptique sous la main, pas de panique, le vinaigre de cidre fera l'affaire ! 
  • Appliquez du vinaigre de cidre, qui est un puissant antiseptique et qui va soulager les démangeaisons dues aux piqûres de moustiques. Pour cela, trempez un bout de coton dans le vinaigre et posez-le sur la piqûre durant une trentaine de minutes.
  • Les symptômes d’une piqûre de moustique tigre sont similaires à ceux de la piqûre d’un moustique commun. En revanche, les réactions inflammatoires (rougeur, démangeaisons, gonflement) peuvent être exacerbées. Le fait d’être piqué en pleine journée peut également mettre sur la piste, celui-ci étant particulièrement actif le jour et moins la nuit.
  • Surveillez l'apparition d'éventuels symptômes tels qu'une fièvre brutale, des douleurs musculaires, des courbatures, des maux de tête, des manifestations cutanées... Dans de tels cas, consultez un médecin sans attendre.

Que faire si je trouve un moustique tigre ?

  • Le prendre en photo avec une résolution permettant l'identification du moustique tigre ou le capturer.
  • Transmettre l’information aux autorités sanitaires de votre région et signaler la présence de l'insecte volant via le Portail de signalement du moustique tigre de l'ANSES.

Comment se protéger du moustique tigre efficacement ?

Pour se protéger du moustique tigre, des précautions sont à prendre. Voici une série de bonnes habitudes à adopter pour se protéger de toute invasion du moustique tigre dans le périmètre de notre maison et jardin. Il existe donc 3 axes principaux de lutte : éviter de favoriser la ponte, tuer les œufs avec des produits naturels et agir en prévention pour ne pas se faire piquer.

Agir en prévention

  • 1
    Changez l’eau et nettoyez à la brosse l’intérieur des récipients pouvant contenir de l’eau (réservoirs d’eau de pluie, bassins, etc.) une fois par semaine.
  • 2
    Recouvrez les réservoirs d’eau avec un couvercle hermétique ou une moustiquaire.
  • 3
    Remplacez l’eau des coupelles des pots de fleurs par du sable humide.
  • 4
    Encouragez les libellules et les hirondelles à s’installer dans votre jardin. Ce sont des prédatrices du moustique tigre.
  • 5
    Vérifiez le bon écoulement des eaux de pluie et des eaux usées et nettoyez régulièrement gouttières, regards, caniveaux...
  • 6
    Débroussaillez les herbes hautes et les haies.
  • 7
    Ramassez les fruits tombés au sol.
  • 8
    Arrosez raisonnablement.
  • 9
    Déracinez les souches creuses.
  • 10
    Retournez les seaux et récipients du jardin ou mettez-les à l’abri de la pluie.
  • 11
    Ne jetez pas dans la nature de reste de repas.
  • 12
    N’abandonnez pas derrière vous de canettes de jus de fruits ou trognons de fruits.
  • 13
    Fermez vos poubelles hermétiquement.

Ne pas leur offrir de zone de ponte

Éliminer complètement tout risque d’eau stagnante de plus de 30 ml : pneus, abreuvoirs, bassins, seaux et réservoirs d’eau, gouttières, drainages ouverts, nids de poule dans la route, coupelles de pots de fleurs, vases, ou tout ce qui pourrait contenir de l’eau dans nos zones habitées.

Supprimer ses lieux de ponte est aujourd'hui la seule solution pour se débarrasser de l'insecte dans un jardin. Utiliser des produits chimiques de démoustication éliminerait uniquement la population en vol. Le moustique continuerait de plus belle sa prolifération.

Ne coupez pas un buisson envahi par le moustique tigre : cela ne diminue pas sa prolifération. L'insecte pond dans l'eau stagnante et supprimer les larves est la seule solution. Les buissons et autres végétaux ne sont que des lieux de repos. 

Tuer les oeufs avec des biocides naturels

Les biocides naturels sont sans danger pour les autres espèces.

  • Les ovitrap (pièges naturels) ou encore le BT (Bacillus Thuringiensis), un bactéricide naturel sous forme de bacille aérobique présentent des résultats intéressants.
  • Si vous avez un bassin naturel d’agrément : introduisez des poissons et libellules qui se nourriront des larves. Les prédateurs du moustique tigre sont les mêmes que ceux du moustique commun, mais leur plus petite taille les rend encore plus vulnérables aux autres insectes.
  • Traitez l’eau de votre piscine avec des produits naturels ou bactéricides.

Se protéger et ne pas se faire piquer

Adopter un comportement responsable lorsque nous voyageons pour empêcher la propagation des arbovirus. 

  • Appliquez sur votre peau des produits anti moustique la journée et la nuit. Veillez à utiliser des répulsifs tropicaux efficaces sur le moustique tigre.
  • Protégez-vous au maximum sous une moustiquaire.
  • Aménagez votre habitat (moustiquaires aux fenêtres…).
  • Utilisez nos astuces et solutions anti moustique.
  • Portez des vêtements couvrants et amples et utilisez des répulsifs à moustique tigre.
  • Consultez rapidement un médecin si vous remarquez des symptômes inhabituels à votre retour d’une zone tropicale.
  • Dans la mesure du possible, évitez de voyager à destination des zones à risque ou tropicales, si vous êtes enceinte ou accompagné de très jeunes enfants.
  • Protégez également vos animaux domestiques avec un anti moustique tigre ou une huile essentielle.
lutte moustique tigre

À noter que les compagnies de fret et de transport de personnes ou de marchandise ont également une responsabilité : veiller à décontaminer les marchandises et cabines de passagers.

Produit recommandé par Anti-moustique.net

Faut-il avoir peur du moustique tigre ?

Nous voici donc face à une série d’informations pour le moins inquiétantes au sujet du dangereux de l'aedes. Mais il faut faire preuve d’une certaine objectivité.

Tout d’abord, en France, où on a accès à des soins de qualité, les arbovirus en questions restent assez bénins, sauf dans de rares cas relatifs à des personnes fragiles, femmes enceintes ou enfants. Les moustiques tigres représentent un danger dû au risque de transmission essentiellement dans les pays où les maladies sont actives.

En cas de présence de symptômes inquiétants, votre médecin vous enverra faire une prise de sang et si elle s’avère positive, vous serez traité rapidement et guéri en quelques jours. Puis immunisé à vie.

Mais un virus reste toujours une menace, et il vaut mieux adopter une attitude prudente, en se protégeant et en protégeant les plus fragiles de toutes les piqûres (n’oublions pas les tiques, les puces et les guêpes). Les piqûres sont potentiellement dangereuses, notamment en raison des risques d’allergies (parfois plus graves que de contracter un virus).

À vouloir absolument éradiquer le moustique, on se retrouve actuellement dans une situation ou les abeilles ont pratiquement disparu et ou un tiers des espèces d’insectes dans le monde sont en danger critique d’extinction. L’usage des pesticides est une vraie question.

Selon l’ANSES les biocides (dont font partie les pesticides) sont neurotoxiques pour les humains. Et faute d’éliminer certaines espèces, ils pourraient les renforcer ! Voire remplacer nos espèces de moustiques locales et inoffensives et se substituer à elles, faute de concurrence !

Tuer les adultes sans éliminer les larves ne sert à rien, si ce n’est à polluer la nature. La lutte anti­larvaire est la méthode la plus rationnelle.

Et changer nos habitudes pour ne plus inviter l'aedes à partager notre biotope en ayant de mauvais réflexes serait une autre bonne façon de lutter contre cette ennuyeuse créature.

Sur ses pages, l’Institut Pasteur résume ainsi la situation : il faut bien distinguer le moustique et les virus qu’il pourrait transmettre. L’expansion du facteur de risque ne veut pas forcément dire qu’il y aura une épidémie.

Les symptômes et les complications existent, mais il faut relativiser : le taux de mortalité des arbovirus n’est que de 0,000 05 % des cas recensés de contamination.