Coronavirus : le moustique peut-il transmettre le Covid-19 ?

coronavirus moustique

Il semblerait que les moustiques n’aient pas reçu le « mémo » au sujet du confinement.


Comme chaque été, malgré l’épidémie mondiale de Coronavirus, les moustiques s’apprêtent à s’installer en force sur le territoire et cohabiter avec nous, faisant fi des consignes de distanciation sociale…

Le moustique peut-il nous transmettre le coronavirus ?

Devra-t-on redoubler de prudence cet été face aux piqûres d’insectes ?


Voici tout ce que l’on sait à ce sujet.


Paranoïa et fake news

Cette épidémie mondiale qui nous touche tous a vu son lot de fausses infos, de rumeurs et de théories du complot circuler notamment sur les réseaux sociaux.

Les questions pleuvent sur Twitter :

Moustique et coronavirus seront-ils le cocktail mortel de l’été ?

Le moustique peut-il transmettre le Covid-19 ?

Le coronavirus peut-il s’attraper par un moustique ?

La maladie peut-elle se transmettre via les piqûres de moustique ?

À tel point que l’OMS, relayée par d’autres sociétés savantes, a du prendre en main la réponse contre ce qu’elle déclare être une fake news : c’est non.


La réponse des épidémiologistes et des entomologistes 

Depuis son origine, le Covid-19 est apparu comme une zoonose (ou du moins, le SARS-Cov2 est très proche d’un virus détecté chez une chauve-souris, même si l’animal à l’origine de la transmission à l’homme n’a pas encore été identifié avec certitude).

Il y aurait donc possibilité de transmission du coronavirus des animaux aux hommes.

Du pangolin en passant par la chauve-souris et le tigre du zoo de New York, à chaque animal qui éternue pendant cette pandémie, la paranoïa augmente.

Les réponses scientifiques sont unanimes :

  • les virus sont généralement associés à une unique espèce
  • toutefois, on sait que le coronavirus, comme d’autres zoonoses, a trouvé entre les humains et certaines espèces des portes d’entrée
  • le SARS-CoV2 a bien infecté plusieurs espèces, mais uniquement des mammifères
coronavirus moustique

Le message de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : "FAIT: Le nouveau coronavirus NE PEUT PAS être transmis par les morsures de moustiques".


Transmission du coronavirus moustique : les scénarios s’écroulent

Les plus angoissés vont donc chercher à étudier des scénarios catastrophes. Un moustique pourrait-il transmettre le pathogène d’une personne infectée à une personne saine ?

Il faudrait que le coronavirus survive à la digestion par l’organisme du moustique, infecte ensuite les cellules du moustique, puis atteigne ses glandes salivaires et s’y reproduise. Là seulement, il pourrait être transmis par morsure.

Cependant, pour réussir cette performance, les autres virus (dengue, Zika, malaria…) ont littéralement mis des centaines de millions d’années de cycles de morsures et transmissions croisées. Contrairement à de nombreuses maladies trop récentes qui n’ont pas réussi cette évolution (HIV par exemple).

C’est le premier scénario qui s’effondre.

Mais revenons à la définition même du SARS-CoV2 : un virus respiratoire transmis par des gouttelettes de salive aéroportées (lorsqu’une personne malade tousse ou éternue).

Qu’adviendrait-il si une personne malade éternuait directement sur un moustique ?

Dans ce cas, c’est l’anatomie même du moustique qui ferait barrière (des organes hydrophobes et des ouvertures respiratoires infiniment petites). Mais admettons. Dans ce cas, nous expliquent les entomologistes, les cellules respiratoires du moustique ne pourraient tout simplement pas être infectées !

Deuxième scénario rejeté.

Imaginons enfin qu’un moustique, une mouche, ou tout autre insecte volant, se pose sur des gouttelettes d’une personne infectée et se pose ensuite sur une autre personne saine. : qu’adviendrait-il ?

Les infectiologues de l’Institut Pasteur expliquent que « les mouches, et les insectes en général, ne vont pas spécifiquement sur les yeux, le nez ou la bouche. Ils n’entrent pas en contact avec les muqueuses, le lieu de la contamination par le coronavirus. »

On sait ensuite que ce qui fait la contamination, c’est ce qu’on appelle la charge virale (la quantité de virus contenu dans la gouttelette) qui fait la contagiosité. Elle est très importante entre humains. Mais dans le cas des insectes volants et compte tenu de leur taille, la charge virale serait bien trop faible pour être contaminante.

Et c’est le dernier scénario qui est éliminé.

À ce jour, il n’existe aucune information ni aucun élément de preuve laissant penser que le Covid-19 pourrait être transmis par les moustiques. Les déclarations de toutes les sociétés savantes convergent en ce sens.


À ce jour, il n’existe aucune information ni aucun élément de preuve laissant penser que le Covid-19 pourrait être transmis par les moustiques. 


Moustique : coronavirus non, mais il y a bien un danger lié à la pandémie


Si le Covid-19 n’est pas transmis par le moustique, rappelons toutefois que le moustique reste vecteur de maladies infiniment plus dangereuses  : chikungunya, dengue, Zika, fièvre du Nil, fièvre jaune, paludisme pour ne citer qu’elles, et que le moustique tigre est à ce jour implanté durablement dans 51 départements de métropole et tous les DOM-TOM.

Dans les pays où sévissent ces maladies, au Zimbabwe par exemple, le confinement lié au coronavirus pourrait représenter un véritable facteur de danger sanitaire supplémentaire.

Les cas de paludisme ont ainsi explosé depuis le confinement, en raison de l’accumulation malheureuse de facteurs : confinement, saison chaude et humide (mars et avril), accessibilité aux centres médicaux, médicaments en rupture de stock, prise en charge du paludisme passée au second plan…

coronavirus moustique

Alors que le paludisme était en déclin au Zimbabwe depuis plusieurs années, le nombre de cas remonte en flèche, et cela correspond à l’arrivée du coronavirus sur le continent africain.

Tout comme on a remarqué dans les pays occidentaux la morbidité augmentée des maladies chroniques derrière l’urgence coronavirus, on assiste ailleurs à la réémergence de maladies qui étaient contenues avant la pandémie mondiale de coronavirus…


Tout comme on a remarqué dans les pays occidentaux la morbidité augmentée des maladies chroniques derrière l’urgence coronavirus, on assiste ailleurs à la réémergence de maladies qui étaient contenues avant la pandémie mondiale de coronavirus…. 



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