Le Chikungunya : la « maladie de l’homme qui se recourbe »

LE CHIKUNGUNYA

Ci-dessus, le moustique tigre, principal responsable de la transmission du virus Chikungunya, dont la dernière épidémie en France, sur l'île de La Réunion en 2005, a révélé toute la dangerosité.

Le Chikungunya fait désormais partie d'un plan national de surveillance.  Découvrez dans cet article tout ce qu'il y à connaitre de cette maladie.

Dangerosité

Le Chikungunya chez les adultes peut avoir divers degrés de dangerosité : de bénin à aiguë.

La mortalité globale est de 0,1 %, résultant de l’association du Chikungunya et d’autres pathologies, notamment chez des sujets âgés. Le Chikungunya mortel n’étant pas en soi une cause du décès.

Chez les femmes enceintes, la contamination intra-utérine au fœtus se fait dans 10 % des cas. Ce qui a des conséquences neurologiques graves chez le nouveau-né.

Le syndrome de Guillain-Barré

Le syndrome de Guillain-Barré est une maladie auto-immune inflammatoire du système nerveux périphérique, déclenchée notamment par les arbovirus comme le Chikungunya.

Il se manifeste brutalement par une paralysie et des troubles sensitifs. Avec la disparition de la polio, il est aujourd’hui au premier rang mondial des urgences neurologiques.


80 % des personnes atteintes récupèrent leurs capacités au bout de 6 à 12 mois. 5 % ont des séquelles lourdes et définitives sur la motricité. Le taux de mortalité varie de 10 à 15 %.

Statut et Activité de la maladie

Actif - Peu fréquent mais à surveiller

Cas déclarés

< 50 000 cas par an

Principales épidémies enregistrées

  • Tanzanie (1952)
  • Asie du Sud Est (1958)
  • Congo et Gabon (1990)
  • Comores (2004)
  • La Réunion, Madagascar, Sychelles, Mayotte (2005, 2009, 2010)
  • Java et Inde (depuis 2011)
  • Saint-Martin, Guyane, Martinique, Guadeloupe, St Barthelemy (2014)
  • Amérique du Sud (2017)

Origines du Chikungunya et zones à risque

Origines du Chikungunya et zones à risque

Signification du mot Chikungunya

Le dialecte local de Tanzanie, lors de la première épidémie connue de Chikungunya, lui a donné son nom :


« maladie de l’homme qui se recourbe et se tord ».


Ce qui décrit l’un des principaux symptômes de la maladie : dintenses douleurs articulaires aux jointures, qui obligent parfois certains malades à rester en position fœtale.

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Retours sur quelques dates marquantes de la maladie : 

  • Le Chikungunya est « né » en Afrique, en Tanzanie dans les années 50.  Sa présence reste endémique sur le continent africain. Le virus est ensuite resté en silence quelques décennies puis est réapparu à la fin des années 1990 au Congo et au Gabon. 
  • Le virus a ensuite été la cause d’une grosse épidémie dans les îles de l’Océan indien en 2005-2006, ou le nombre de cas était à son comble, notamment à La Réunion. C’est là que les formes les plus graves du virus ont été recensées.
  • C’est en 2007 que pour la première fois on recense des cas importés et autochtones en Italie et en France.
  • À-partir de 2013, des cas autochtones se déclarent aux Antilles françaises. Le continent américain a connu ses premiers cas en 2014, en particulier en Amérique du Sud.

La Nouvelle-Calédonie, les Caraïbes et la Polynésie française sont à leur tour concernées depuis 2014, avec plus de 1,4 million de cas. 

Le virus s’exporte ensuite aux États-Unis, et au Canada, qui rejoignent la liste des pays du Chikungunya.

Les îles du Pacifique sont gagnées par le virus Chikungunya en 2014 puis le Sénégal et l’Inde.

Exemple de campagne de prévention sur le Chikungunya

chikungunya épidémie
  • À-partir de 2016, l’Amérique du Sud connaît une flambée de cas par le moustique tigre et le Chikungunya qui s’installent.
  • En 2017, le Pakistan continue de riposter et des cas épars sont signalés depuis dans les principales régions du monde ayant connu des épidémies.

À noter qu’un virus parent du Chikungunya, le virus O’Nyong Nyong, sévit en Afrique subsaharienne.

Les symptômes du Chikungunya

symptômes chikungunya
  • Incubation 
    La maladie se manifeste en moyenne 2 à 14 jours après la morsure. Elle est asymptomatique dans presque 25 % des cas.
  • Fièvre et céphalées
    Fièvre soudaine (supérieure à 38,5 °C) associée à des maux de tête.
  • Douleurs articulaires
    Douleurs musculaires et articulaires intenses aux extrémités, récidivantes et dans certains cas invalidantes.
  • Éruptions
    Éruption cutanée de type rash.
  • Femmes enceintes
    Chez les femmes enceintes, le risque de contamination intra-utérine est élevé : 50 % en période d’épidémie.
  • Chez l'enfant
    Hémorragies bénignes chez l’enfant, notamment sur les gencives.
  • Complications
    Rarement, des atteintes neurologiques, cardiaques ou hépatiques se produisent.
  • Séquelles
    Les séquelles du Chikungunya peuvent être sa forme chronique (douleurs articulaires persistantes), qui peut persister plusieurs années. Les personnes âgées peuvent voir leur risque de mortalité augmenter suite à la contraction du Chikungunya, en particulier si le virus n’est pas décelé.
question

Dengue, Zika, Chikungunya : quelles différences ?

zika dengue chikungunya

La sérologie du Chikungunya confirme l’infection à arbovirus. Le virus peut être isolé à partir du sang au cours des premiers jours de l’infection.

Cet examen s’avère parfois indispensable pour confirmer les cas suspects et différencier la maladie Chikungunya des virus de la Dengue ou du Zika (les signes cliniques étant sensiblement les mêmes).


Un mauvais diagnostic peut avoir de graves conséquences sur la prise en charge du patient.


Traitement du Chikungunya

1. Traitement symptômatique

Il n’existe à ce jour pas de thérapeutique spécifique contre le chikungunya. Seuls les symptômes sont traités, par antalgiques et anti-inflammatoires.

Certains médicaments, comme l’aspirine, sont à éviter. Seul un médecin pourra prescrire le traitement adapté et confirmer le diagnostic.

Pour les formes les plus graves, le traitement requiert une hospitalisation en réanimation, des perfusions de réhydratation, une ventilation mécanique, parfois une dialyse et une perfusion sanguine ou une transplantation hépatique.

2. Traitement naturel du Chikungunya

MISE EN GARDE

Aucun traitement thérapeutique chimique ou naturel n’existe à ce jour contre le Chikungunya. 

Les essais de traitements naturels se sont non seulement montrés inefficaces, ils ont  par ailleurs entraîné dans certains cas des complications sévères, voire mortelles, pour les patients qui ont tenté de se soigner avec les ressources locales à leur disposition. Cela n'a fait qu'aggraver leur situation hépatique.

Seules l’acupuncture et la cryothérapie peuvent avoir un effet apaisant sur les douleurs articulaires.

3. Vaccin

vaccin chikungunya

Le vaccin contre le Chikungunya fait l’objet de nombreuses recherches dans le monde entier, en particulier depuis 2005, ou la dangerosité du virus s’est révélée.

En France, l’Institut Pasteur consacre une douzaine d’équipes à cette recherche et à la recherche sur le moustique tigre.

Un autre programme scientifique travaille sur un dérivé du vaccin contre la rougeole, modifié génétiquement (et trop faible pour déclencher une réaction immunitaire), qui pourrait exprimer un antigène au Chikungunya. Des tests sur les humains ont confirmé la bonne tolérance du vaccin. Qui aurait un double emploi, à la fois contre la rougeole et contre le Chikungunya. La troisième phase de test devrait débuter prochainement.

La musique dubstep contre le Chikungunya ?

Une récente étude menée par plusieurs universités asiatiques a montré que l'environnement sonore était crucial pour la reproduction et la survie du moustique Aedes. 


Cette étude a exposé le moustique tigre à deux types d’environnements, avec ou sans musique. L’environnement avec musique étant de l'électro-dubstep (en raison du mélange de fréquences très basses et très élevées). 


Exposées à la musique, les femelles moustiques tigres ont été distraites et se sont moins nourries. La reproduction des moustiques a par ailleurs été significativement ralentie. Le dubstep a donc réduit les attaques, l’alimentation en sang et la reproduction du moustique Aedes. 

Information à prendre sous réserves...

question

FAQ sur le virus

Le Chikungunya est-il sexuellement transmissible ?


Non. Il faut un vecteur pour la contamination (le moustique).

Le virus n’est pas transmissible par contact sexuel ni par échange de salive.


Les seuls cas, rarissimes, dans lesquels une transmission entre êtres humains a été reportée sont la transmission sanguine et la greffe d’organes de porteurs contaminés, et la transmission intra-utérine de la mère à son fœtus.


Si on a contracté le Chikingunya, est-on immunisé par la suite ?

Oui. Une personne qui a contracté le virus et qui est guérie est réputée immunisée, pour plusieurs années (pas à vie). Toutefois il n’est pas exclu que le virus mute avec le temps et les zones géographiques, et il faut rester prudent sur cette immunité supposée.


Par ailleurs, même une fois guéris, et plusieurs mois et/ou années plus tard, il est possible que des symptômes chroniques récurrents réapparaissent.


Les femmes enceintes sont-elles plus susceptibles d’attraper le Chikungunya ?

Non. Toute population en contact avec des moustiques porteurs du virus est susceptible d’être contaminée si elle est piquée.


Les personnes dites sensibles ne sont pas davantage susceptibles d’être piquées. Toutefois le virus peut chez ces personnes avoir des effets plus graves, des symptômes plus sévères voir un risque de mortalité.


Il est déconseillé à ces personnes, particulièrement aux femmes enceintes, de voyager dans les zones à risque si cela peut être évité.


Quels sont les moyens pour se protéger contre le Chikungunya ?

La prévention individuelle contre les piqûres de moustiques :

  • Portez des vêtements amples et longs couvrant également les bras et les jambes jusqu’aux chevilles.
  • Imprégnez vos vêtements et les parties du corps exposés avec un répulsif spécial tropiques.
  •  Lors d’une épidémie ou dans une zone dangereuse, les répulsifs doivent contenir du DEET (diéthyl-méthylbenzamide), de l’IR3535 (acide aminopropionique) ou de l’icaridine (méthylpropylester).
  • Les moustiques responsables sont des moustiques diurnes et qui piquent également à l’intérieur des bâtiments : protégez-vous particulièrement si vous faites des siestes pendant la journée.
  • Utilisez des moustiquaires, des diffuseurs électriques, des encens, des prises, des pièges…
  • Supprimez tout site de ponte potentiel autour de vous (soucoupes d'eau sous les plantes, récipients, etc.)
  • Continuez de vous protéger pendant au moins 10 jours après l'exposition au virus.

Y a-t-il un risque de Chikungunya en France métropolitaine ?

Sur le territoire de France métropolitaine, 17 départements présenteraient en 2019 les conditions propices à l’émergence du Chikungunya : présence de Aedes albopictus et Aedes aegypti.


Plusieurs cas autochtones se sont avérés en 2010 et 2014. Les autorités de santé surveillent activement le territoire.


Les territoires et départements français d’outre-mer affichent quant à eux un taux de risque élevé, en particulier La Réunion et les Antilles.

Le chikungunya est sur la liste des maladies à déclaration obligatoire depuis janvier 2005.


Site de surveillance du moustique tigre,
pour déclarer la présence de Aedes Albopictus près de chez vous.

Site de l’ARS, Santé Publique France,
pour déclaration obligatoire des cas de Chikungunya par le médecin traitant.

virus chikungunya

Rappel : le site anti-moustique.net s'efforce de donner les meilleurs informations possibles sur des sujets médicaux. Cependant nous ne donnons pas de conseils médicaux. Un professionnel de santé est mieux à même de vous fournir un avis médical. Pour plus d’informations voir nos CGU.

En savoir plus sur le moustique :


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