Croissance du moustique en France : toujours nombreux et dangereux !

croissance moustique

On sait depuis les débuts de l’entomologie, que les insectes survivront longtemps, très longtemps, après les humains.

De toutes les espèces animales, la branche des insectes est effectivement celle qui s’avère la plus résiliente à tous les outrages que les humains lui font subir. Pollution, pesticides…

À vrai dire, non seulement certains insectes échappent à toutes nos attaques, mais ils sembleraient s’en trouver toujours plus forts et toujours plus nombreux !

Et oui, ce n’est pas un produit de votre imagination : la croissance du moustique est bien réelle.


Les moustiques en France sont de plus en plus nombreux… et de plus dangereux !


Pourquoi ? Voici quelques pistes pour expliquer la croissance  des moustiques.


Un nuisible à bien des égards

On dénombre pas moins de 3 546 espèces connues de moustiques dans le monde. Le dernier en date étant le « moustique du métro londonien », découvert et identifié dans les années 2000.

Le moustique est donc officiellement partout. Une présence en nombre du moustique qui ne serait pas préoccupante, si ce n’était certains désagréments qui vont avec.

Pour commencer, aucun entomologiste ou biologiste n’a été en mesure de prouver le rôle positif du moustique dans la chaîne alimentaire. Ils nourrissent bien quelques autres espèces, mais pourraient facilement être remplacés. Le moustique n’est donc pas indispensable à la survie d’autres espèces.

Ses femelles hématophages non seulement piquent (animaux et humains), mais leur morsure fait des moustiques le plus important groupe de vecteurs d’agents pathogènes transmissibles de zoonoses, arbovirus et autres parasites. Chez l’humain, on peut citer le Paludisme, la Dengue, le Zika, le Chikungunya… Des maladies parfois mortelles qui font chaque jour autant de victimes que les requins en un siècle.


Les moustiques ont un développement et des capacités d’adaptation incroyables et chaque nouvelle substance insecticide
ne fait qu’induire de nouvelles résistances.


Évolution du moustique : ce qui ne le tue pas le rend plus fort


Aussi loin que puissent remonter les traces de la relation entre l’homme et les moustiques, le premier a toujours essayé de se débarrasser de ce dernier.

Et au fil du temps, l’arsenal antimoustique n’a fait que devenir de plus en plus lourd, augmentant toujours d’un cran la guerre antimoustique. Pour ne citer qu’eux, l’agent orange, le DDT…

On a développé des biocides, insecticides et pesticides chimiques parfois efficaces contre les moustiques, mais toujours dangereux contre les humains et les autres espèces.

C’est ainsi que coccinelles, abeilles, sauterelles et autres insectes pollinisateurs ont été les victimes involontaires des antimoustiques, alors que les premiers visés y ont survécu.

La raison est simple : les moustiques ont un développement et des capacités d’adaptation incroyables et chaque nouvelle substance insecticide ne fait qu’induire de nouvelles résistances chez le moustique… et intensifier les dangers de toxicité pour les autres espèces .


Croissance du moustique : toutes les conditions sont réunies


Les scientifiques sont unanimes : les adaptations et résistances croisées des moustiques vecteurs de pathogènes continuent à augmenter, alors que les populations de moustiques indésirables s’étendent. Et la lutte, qu’elle soit chimique ou écologique, n’y change rien.
évolution moustique

Comment expliquer l’omniprésence du moustique ? Plusieurs facteurs convergent.

La mondialisation des échanges et la libre circulation des marchandises d'abord.

Le réchauffement climatique : de fortes précipitations après de longues périodes de sécheresse sont ni plus ni moins qu’une invitation aux moustiques à se reproduire. Qui plus est la température globale à la hausse, le moustique n’a plus besoin d’hiberner et survit plus longtemps. Le moustique est un bio-indicateur indiscutable du réchauffement climatique.

Les populations humaines qui gagnent du terrain sur les forêts et zones humides et chassent (ou éliminent) de nombreux prédateurs naturels des moustiques (reptiles insectivores, amphibiens, chauve-souris…)

Le World Mosquito Program chargé de l’observation des moustiques à l’échelle globale, observe dans le monde entier une recrudescence des moustiques, qui lorsqu’on croit être arrivés à bout d’une épidémie de Zika ou de Wolbachia (Dengue), réapparaissent comme s’ils avaient repris du poil de la bête.

C’est parce que de nombreux œufs de moustiques qui étaient en sommeil (lorsque les conditions climatiques ne leur conviennent pas, les œufs et larves de moustiques ont cette capacité de se mettre en pause jusqu’à ce que l’environnement soit plus accueillant !) se sont réveillés.

Les zoonoses sont passées du bétail au moustique et du moustique à l’homme : le vivier de ces maladies est intarissable avec l’élevage intensif et extensif.

Enfin, chimique, écologique ou technologique (les drones, la manipulation génétique, l’intelligence artificielle, on a tout essayé), aucune des solutions de lutte contre le moustique expérimentée à ce jour ne s’est avérée efficace à long terme…

Depuis la nuit des temps, le moustique, de par les épidémies qu’il a causées, en passant par la récente catastrophe écologique des pesticides et de la disparition des abeilles, a pesé sur le cours de l’histoire plus que tout autre événement.


Les moustiques se déplacent et survivent grâce à l’homme.


L’activité humaine, bénéfique à la survie du moustique


Jusqu’à il y a peu de temps, on pensait que 2 endroits dans le monde étaient totalement dépourvus de moustiques et constituaient, en ultime recours, des havres de paix ou le moustique serait persona non grata. Et bien cela est désormais terminé : l’Antarctique et l’Islande comptent désormais eux aussi des moustiques !

La raison ce cette migration frénétique ? Les moustiques se déplacent et survivent grâce à l’homme.

L’activité humaine permet effectivement aux moustiques d’atteindre des zones où ils ne seraient jamais naturellement arrivés (le moustique peut se mettre en « hibernation » pendant le trajet et survivre sans boire ni manger). Même si le changement climatique aurait dû exterminer une espèce dans une zone de la planète, cette espèce survivra ainsi dans une autre !

Pour les chercheurs, il faut ralentir ces transformations qui se déroulent à un rythme vertigineux. La mondialisation des échanges et leur intensification ont brisé les barrières de protection géographiques naturelles.


La croissance du moustique en France en 2019-2020

croissance moustique France

Carte du  moustique en France en 2019​


En France, en 2019 ce sont 9 nouveaux départements qui sont entrés en vigilance rouge pour le moustique tigre, complétant les 51 départements déjà marqués.

La colonisation de l’ensemble du territoire continue son accélération vers le nord.

Il n’y a désormais plus aucun département en simple veille sanitaire.

En tout, ce sont 66 départements qui sont colonisés ou bien en passe de l’être, soit près
de 70 % du territoire.

Pour que les moustiques prospèrent, il faut certaines conditions :

  • Des périodes de sécheresse
  • Suivies de pluies abondantes
  • 10 jours consécutifs avec des températures supérieures à 23° le jour et 15° la nuit
  • Des températures douces toute l’année
  • Un vivier d’humains et d’animaux disponibles
  • Peu de prédateurs naturels (batraciens, reptiles, chauve-souris…)

Ces conditions idéales sont toutes réunies en France !

Après un hiver doux et des vagues de chaleur précoces annoncées, la saison du moustique commence toujours plus tôt et dure toujours plus longtemps.


Que faut-il faire ?

invasion moustique

À l’échelle individuelle, c’est le bon sens primaire qui devrait guider chacun d’entre nous pour nous protéger du moustique.


  1. Utiliser des moustiquaires autant que faire se peut.
  2. Veiller à ne pas laisser d’eaux stagnantes autour de la maison : fontaines, bassins, coupelles de plantes, pneus, seaux, arrosoirs, bâches…
  3. Nettoyer les gouttières et canalisations
  4. Recouvrir les réservoirs d’eau de pluie
  5. Apprendre à reconnaître le moustique tigre et le signaler aux organismes de lutte anti vectorielle
  6. Signaler toute prolifération inhabituelle de moustiques à la commune ou aux organismes concernés.

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